Cheminée en pierre pour l’hiver, petite cours intérieure l’été : le Fanfaron, charmant restaurant installé entre le Canal du midi et la rue des Chalets, aurait pu jouer de ces atouts premiers… Mais c’est sans compter sur un concept aussi décalé que son chef cuisinier. Résumé d’une soirée gourmande et quand même un peu barrée.

Fanfaron4Nous poussons la porte et trouvons notre table, près des cuisines (car allez savoir pourquoi il y en a deux). Les couverts et le décor sont posés. Dans l’entrée, une belle partie traiteur nous donne envie du premier coup d’œil. Le procédé ? On s’en approche. On rempli notre assiette, on la passe au micro-ondes et puis c’est la pesée. On paye ce que l‘on mange, on peut diner à satiété !

Avant de tenter l’aventure, je fais un tour dans le patio joliment décoré. Une belle promesse pour les beaux jours. En regagnant notre table, j’aperçois le chef, en tenue plus que traditionnelle, venu nous souhaitez la bienvenue. « Ne soyez pas timides» ne cesse-t-il de nous répéter avec de grands yeux ronds et un fort accent hollandais. « Allez vous servir et prenez ce que vous voulez. » Nous ne somme pas timides, la preuve : nous commencerons déjà par un couple de pichet.

Puis nous nous dirigeons vers les plats, à la fois curieux et affamés. Ils nous sont théâtralement présentés. Des plats en sauces, des petites salades, de la tapenade, pas mal de beignets… Et puis les spécialités du soir : courgettes épicées et gardiane de taureau : « c’est comme un ragout sauf que la vache a été torturée. » précise notre grand bonhomme toqué. Je découvre l’humour noir culinaire avec circonspection. La gardiane, je connais, mais je ne préfère pas m’y risquer. On commence donc par une assiette apéro à partager, histoire de se mettre en appétit. Et puis on passe aux hostilités.

Le problème avec ces formules, c’est qu’on a tendance à croire que c’est à volonté. Et pour les gros estomacs, le piège du “bourre toutou” est difficile à éviter. Mais pour lesFanfaron gens comme moi, les gloutons modérés, l’assiette pleine est à 13 euros environ. Et il y a de quoi manger. Je me fais donc plaisir : aubergines marinées, beignets de fromages, de fenouils, purée de petits pois menthe, ragout de poulet. Je picore les uns, déguste les autres et pique dans l’assiette à coté. Les pichets se vident en même temps que la salle. Le cuisinier qui a finalement ôté son costume, se livre aux confidences.

« Cet établissement, c’était une occasion à ne pas louper. Avant, j’étais pizzaïolo et traiteur dans la rue des Chalets. Les gens faisaient la queue devant mon magasin alors je me suis dit, pourquoi ne pas ouvrir plus grand, et laisser faire le bouche-à- oreille. » Il parle du passé, de ses prédécesseurs et de ses inspirations avec passion. Se découvre un personnage dont on aimerait tirer le portrait sur quelques pages. Alors on se voit à ses cotés. Faire son marché au Cristal, connaître les bons produits et les bons plans. Les cuisiner. Peu de perte, il fait avec les produits du moment. Des produits frais qu’il transforme avec goût et simplicité.

Une adresse à découvrir. Un concept à essayé. Une cuisine à gouter. Un chef à écouter. Je m’adresse maintenant aux irréductibles du micro-ondes : revenez sur vos principes le temps d’une soirée.

> Le Fanfaron, 24 rue Saint Honest 31000 TOULOUSE – Tél. 0561637168 – http://www.restaurant-lefanfaron.com