4 juin 2011. Finale du Top 14. Le Capitole est bondé. Nous choisissons d’échapper à la foule par une petite ruelle. Rue Peyrolière, se dresse un charmant restaurant à la devanture attrayante : l’Astragale. Notre entrée n’est pourtant pas fortuite, nous avions réservé notre table. Peut-être pour prouver que non, toute la ville ne retient pas son souffle pour 80 minutes de démonstration de gros bras. Il y en a encore qui à Toulouse, préfère la bonne bouffe au rugby et ses exploits.

Il fait chaud ce soir à Toulouse. Je me rends compte que mes collants fluo et mon col roulé me différentie de tout autre espèce humaine qui foule les trottoirs. Arrivée à l’Astragale, la chaleur m’étouffe encore un peu plus. Nous n’avons pas choisi notre table que déjà, je découvre les toilettes (« en haut en montant sur la droite ») et en repartait une paire de collant et un pull sous le bras. Soirée rugby, soirée pas classe, je me suis dis…En passant, je jette un coup d’œil en cuisine. « Tout va bien ? » « Oui, merci ».

L’Astragale est un restaurant aussi intime que convivial. La décoration y est romantique et méditerranéenne, les prix aussi doux que les couleurs pastels. 21 euros entrée, plat, dessert. Sur la carte, tout semble appétissant, je vais devoir demander conseil. Pour démarrer, ce sera donc un fricassé de pétoncle au piment d’Espelette. La crème est onctueuse, les pétoncles fondent dans la bouche, le tout est relevé comme il faut. Maintenant, c’est dans ma bouche qu’il fait chaud.

La suite arrive. Toujours sur les conseils du très gentil serveur, je choisis un suprême de pintade au vinaigre de truffe et un mille feuilles de pomme de terre. Que ne fut pas ma surprise en voyant arriver mon assiette dans laquelle était joliment disposée une fleur faite de pétales de pommes de terre ! Ce n’est pas possible, ils sont allés enquêter sur moi avant de me servir ce repas ! Rien n’est décevant, mes yeux sont aussi titillés que mes papilles. Le plat est trop bon. Pas d’allégresse inutile.

Le dessert est une crème de thé vert. Sur le coté une tuile caramélisée. C’est frais, c’est bon, c’est onctueux et croustillants. Je n’y suis pas si habituée mais ce soir, c’est un repas sans faute tout en délicatesse et en originalité. L’accueil est gentil et discret. La climatisation a finalement été enclenchée. J’ai sans doute eu la chance de me rendre dans l’une des meilleures adresses de la ville. Sortie à quelque minutes du coup de sifflet final, le Capitole fêtait la victoire du stade, moi, celle de mon estomac. En liesse, nous étions tous d’accord. Qui ne mange pas n’est pas Tou Lou Sain !

> L’Astragale, 30 Rue Peyrolières, 31000 Toulouse, 05 61 21 85 57