On m’en avait parlé me mettant l’eau à la bouche. Ce petit lieu un peu caché, un peu secret où les toulousains futés viennent passer leurs soirées d’été en dégustant un repas digne de ce nom. La Pelouse Interdite. Pas de pub. Peu d’indications. Mais un monde fou. Ça sentait bon le bon plan. Alléchés nous sommes entrés. Et puis…

PelouseInterdite1Bon. D’abord il faut savoir que c’était un vendredi soir. Et vu que mon sens certain de l’organisation s’arrête souvent à la sortie de mon travail, j’ai appelé à 18h00, le jour même, pour réserver. Pim. Complet. Pour profiter de la terrasse, avant 22h30, pas la moindre place. Soit. Nous faisons partie de cette jeunesse vaillante prête à confronter son estomac à la plus abominable des attentes pour le récompenser d’un succulent repas. À la bonne heure(ou pas). Le problème est bien là. Parce que bien sûr, il faut que jeunesse se passe. Et qui dit repas tardif dit aussi apéro qui traine en longueur… C’est donc muni d’une ivresse certaine que nous poussons la porte du restaurant. Il est 23h.

Le lieu est effectivement magique. La longue terrasse arborée et finement éclairée se conclut d’un patio avec balancelles, hamacs et canapés. Un petit coin de bonheur. Nous avons notre table en terrasse, à coté d’un vieil arbre touffu qui a pour compagnon un petit chat qui taquine les branchages. Ça fait un peu d’animation. Heureusement. Car à notre table, on cuve un peu, assis sur nos chaises, avec un fond de musique lounge dans les oreilles… Sans parler de nos yeux qui doucement se ferment. Jeunesse… nous avons plutôt l’air de trois vieux croulants ! Nous sommes donc ravis quand l’entrée arrive dans les mains du serveur qui malgré l’heure tardive est resté de bonne humeur.

Nous avons tous commandé la même chose pour démarrer. Foie gras de canard, pêches confites, pommes vertes et porto réduit. C’est bon. Sans être une révélation. Les produits sont de qualité. La présentation est soignée sans être trop moderne. Le mariage des saveurs est agréable. Pourtant, et je le répète (certainement dû à mon état) : pas de quoi le fouetter, ce fameux chat. La suite est sur le même ton. Pavé de saumon rôti au sésame et sauce soja, ratatouille. Le poisson est excellent, associé aux saveurs asiatiques, c’est surprenant. Voilà un plat que je tenterai de refaire chez moi…Même si les choses qui ont l’air simples sont parfois les plus difficiles à reproduire… Bref, je passe ensuite sur la ratatouille. Je préfère largement, celle de ma maman.

Miam le dessert. J’ai commandé un truc un peu fou. Pommes pétillantes et chantilly de carambar. Ca à l’air pas mal. Plus original que le moelleux au chocolat de mon voisin de droite. Moins aventureux que la paillote de fruit frais aux épices et granité de floc de Gascogne de mon voisin de gauche. Je pioche dans ma coupe gourmande, prête à la régalade. Le sucre pétillant est à la mode. Le mode régressif aussi. Ma jeunesse est de retour. C’est plus que bon oui, mais sans forcément me coller au plafond. C’est surtout un dessert à l’image de ce restaurant au cadre idyllique, aux plats simples, bons et finalement sans plus de présentions. Le menu est à 31 euros, un prix sur lequel je n’ai pas grande opinion.

Mais attention, toi, qui jusqu’au bout, a courageusement lu cet article, ne te méprends pas. C’est définitivement un lieu à explorer ! Sache que mon enthousiasme mesuré t’empêchera d’avoir un trop plein d’expectative pour un endroit que moi, j’avais hissé sur piédestal, et qui a fini par s’accoupler d’une (petite) déception.

> La Pelouse Interdite, 72 Avenue Etats Unis, 31200 Toulouse. www.pelouseinterdite.net