Samedi matin. 9h30. Je file dans ma Fiat 500. Direction l’arrière pays montpelliérain : le Pic Saint Loup. Pas la montagne, non. Le vignoble plutôt. Bertrand Bosc m’y attend, pour déguster quelques canons. Et rencontrer les vignerons.

Bertran Bosc, la tournée d’un enfant du cru

Dans la région du Pic Saint Loup, tout le monde connaît Bertrand. En tout cas, tous ceux qui travaillent dans le vin, de près ou de loin. Bertrand Bosc, l’enfant du pays. Ce passionné de vin, revenu sur ces terres il y a 10 ans pour faire découvrir aux voyageurs et aux curieux les crus de cette appellation. Pour rejoindre le guide, on a donc pris la route pour Montpellier, cassé la croute en chemin et pris la direction du nord en contournant la métropole. Arrivées à Saint-Jean-de-Cuculles, nous nous sommes retrouvées face un grand gaillard barbu à la gouaille sympathique. Il nous a serré chaleureusement la main, nous a fait grimper dans son grand véhicule. Et nous avons tracé vers le fameux sommet.

L’appellation Pic Saint Loup

Parce qu’avant d’être une appellation d’origine contrôlée, le Pic Saint Loup, c’est d’abord une petite montagne de 658 mètres avec vue sur la Méditerranée. Bon. Cet après-midi là, nous ne la grimperons pas. Bertrand a déjà fait aujourd’hui une randonnée œnologique avec une poignée de touristes. Nous, nous nous concentrons plutôt sur la « promenade vigneronne ». Et leur histoire, qui défile dans la bouche de Bertrand. L’aire d’appellation s’étend sur 17 communes et 60 domaines. Le cahier des charges pour la production est strict au niveau de la viticulture, plus souple quand on passe à la vinification. L’AOC Pic Saint Loup, c’est 90% de rouge et 10% de rosé et des cépages principaux de syrah, grenache noir et mourvèdre. C’est aussi ma valeur sûre quand je vais au restaurant : jamais de déception.

Rencontres vigneronnes

Et ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. Bertrand nous emmène au Château La Roque, un domaine viticole historique et pittoresque que l’on atteint après avoir traversé quelques petits villages. On s’approche des vignes, visites les caves et l’on déguste quelques crus certifiés en Agriculture Biologique et Agriculture Biodynamique que l’on boit tout autant que les paroles de Bertrand. Il nous parle histoire, technique de récolte, de transformation… Il nous partage des anecdotes. Puis l’on repart avec le soleil couchant sur la montagne du Pic Saint Loup. On reprend la route pour aller à la rencontre de Benoit, vigneron de la jeune génération dans son Mas Gourdou, franchement rénové. Le lieu est moderne et chaleureux, propice aux évènements qui s’y organisent l’été et à la dégustation. Je repars avec la plus chère des bouteilles, Grain par Grain, issus d’une vinification intégrale en barrique tournée plusieurs fois par jour et à la main.

Nous rentrons de notre périple quelque peu guillerettes mais non sans passer boire un dernier petit coup à la Belle Vigne : une cave à vin et à manger familiale qui possède pratiquement toutes les références du Pic Saint Loup que l’on savoure sous la pierre et les voutes, près de la cheminée. Tout en rejoignant notre chambre d’hôte, ravies de cet instant amical et suspendu dans le temps, on se dit qu’il a raison Bertrand quant il dit qu’un terroir, « c’est n’est pas que du vin. C’est aussi un paysage et des habitants ». En quelques heures, on en aura eu un si joli aperçu. On se le remémorera à chaque fois qu’au restaurant on commandera une bouteille ou un verre de Pic Saint Loup.

> Promenade Vigneronne : 80€. Le reste sur https://bertrandbosc.guide/fr