Derniers instants suspendus avant le réveil du fleuve. Mercredi 13 juin au soir, les berges de la Garonne reprennent des couleurs musicales. Comme tous les ans, la ferveur festivalière s’empare de la ville pour un festival qui se laisse entendre jusque dans toutes les chaumières, encore fussent-elles toulousaines. Rio Loco débarque, des airs lusophones en guise de bagages.

J’ai dit aujourd’hui ? En fait, pour les chanceux, cela a commencé hier. Mais bon, pas pour moi hein… Après avoir dévalisé la banque partenaire de l’évènement en faisant le plein d’invitations, j’en était sûre, l’hommage à Césaria Évora ne serait pas loupé. J’avais convoqué tous les copains pour la distributions des cartons d’invitation. Et pourtant, emmitouflée et malade sous ma couette, il me paru alors insurmontable de mettre le nez dehors, même pour la plus belle cause. Une soirée qui tombe à l’eau. Sans parler de la météo.

Alors voilà, la gorge encore rouge et douloureuse, je me promets, ce soir, de faire mon entrée. Ce soir, et ce week-end. C’est sûr, Rio Loco verra ma bonne humeur, mes pas de danse et mon jugement inquisiteur ! La musique, plus que l’angine, sera je l’espère, bel et bien contagieuse. L’hommage à la chanteuse Capverdienne n’est donc que partie remise. Ce sera aussi l’occasion de voir les portugais de Madredeus et vendredi, la diva du fado Mariza. Mes coups de cœurs. Et puis, j’irai jouer, m’émerveiller et rire. Boire un coup. Passer une soirée entre amis. Et écrire. En croisant les doigts de la main gauche pour que les éclaircies soient bien au rendez-vous.

J’irai écouter ce que le monde lusophone a nous dire. Car la programmation voyagera sur plusieurs continents pour raconter en musique l’histoire des peuples et des migrations culturelles. Et si je suis trop fatiguée, j’irai mater un film, puisque, en plus ils programment (entre autres) Une famille Brésilienne de Walter Salles. J’espère aussi convaincre ceux qui ne connaissent pas le festival du fleuve fou d’aller y faire un tour. Je leur dirai de ne pas se fier à l’absence de têtes d’affiche connues de tous mais que la curiosité est garante de belles découvertes. Que le choix des artistes est souvent rudement bien fait. Et que l’ambiance chaleureuse et conviviale fait de cet évènement, l’un des trésor de l’offre culturelle toulousaine. A bon entendeur…

Rio Loco, du 13 au 17 avril, 5€ la soirée, http://www.rio-loco.org