Un animateur, trente chroniqueurs, des dizaines de concerts, des centaines d’éditos, sans compter les micros. Jean Philippe Birac, dit Joe Kangourou, fête depuis deux ans déjà, l’anniversaire de ce pseudo rigolo au Mandala. Depuis ses vingt de radio. Et c’est avec une soirée, toujours réussie, à la programmation croustillante qu’il rend hommage à son émission : Caramel mou.

Joe kangourou
« Je suis éducateur » explique-t-il, « au départ, cette émission, c’était surtout pour montrer l’exemple et amener les jeunes vers la radio. Avec une visée éducative : leur faire travailler l’expression orale et écrite ». Mais à vouloir susciter l’intérêt, on finit par se dégoter une passion. Muni de son comparse, le Baron Blitz, Jean Philippe décide de conserver le créneau. Dorénavant, Ils séviront sur les ondes. Et Jean Philippe devient Joe. Quant à leur crédo ? Il sera culturel ou ne sera pas. Mais convivial, surtout.
En vingt-deux ans, il y en a eu des temps forts. Des instants plein d’humour : Comment enregistrer des artistes embrumés dès dix du matin? Des instants historiques : Jean Pierre Mocky commentant à Toulouse l’arrivée de Douste Blazy à la tête de la ville. Des instants nostalgiques : Anis, était bien venu jouer au tout début de sa carrière… Les invités se sont beaucoup suivis sans forcément se ressembler. Ce qui a permis à Joe d’avoir une bonne esquisse du patchwork artistique toulousain. Et le bouillon de culture n’a pas cessé de s’agiter. « Encore aujourd’hui, nous assistons à l’explosion de la scène émergente, grâce à des lieux comme la Cave Poésie, le Bijou et des structures de formation de plus en plus pointues. »

Mettre en valeur une culture plus en marge, voilà le cheval de bataille du cavalier de Caramel Mou. Myx’art Myrys, La Chapelle, les Pavillons Sauvages, Le théâtre de l’Acte. Il a toujours s’agit de faire connaître ces lieux qui, tant bien que mal, essaient de vivre et soutenir toute sorte d’artistes. Une ligne éditoriale qui ne va pas sans porter d’intérêt aux évolutions politiques locales. Et Joe a vu passer cinq maires : sans réel chambardement apparent jusqu’au changement de couleur. « Mais nous nous refusons la plupart du temps à tout jugement, sans forcément adopter un ton complaisant. » Le Kangourou ose parfois faire un bond dans la marre…

Pas de questions qui fâchent ? En tout cas pas entre les gais lurons aux commandes de Campus FM les vendredis de 18h à 19h. On partage, on écoute et on découvre, tout en buvant un apéro. Radio Campus était muscat et bricolo. Campus FM sera vin blanc et techniquement pro. Rien à redire sur la liberté de parole. Pas avec Joe. « Le changement, c’est qu’aujourd’hui, après chaque émission, on va jeter les poubelles ». La professionnalisation se fait écolo. Mais l’ambiance reste la même. Le contenu aussi : Chroniques ciné, musique, livre, arts plastique sont devancées d’un édito.

Cela fait vingt-deux ans que ça dure. Ça fait des habitués… Et des artistes qui spontanément se proposent pour souffler les bougies en forme de note de musique. Ce sera donc le 25 novembre au Mandala. Trois heures de show, retransmis en direct, avec les coups de cœur de Joe. Et il tient sa parole. La première édition manquait de jeunesse, il s’est rattrapé sur la deuxième et insuffle aujourd’hui encore, un souffle encore plus rock. Face B, Pas de printemps pour Marnie, Moonjo, Olivier Gil, Les Grandes Bouches… Tous se succèderont sur scène pour un quart d’heure. Une soirée qui promet des découvertes. Une ambiance assurée. A ne pas loupé.

> Le 25 novembre à 21h au Mandala, caramelmoucampusfm.blogspot.com