Moi, quand je serai grande, je voudrais avoir un joli café à moi. Pas un café comme les autres. Un café où on pourrait lire un bon roman engoncé dans un vieux canapé, à manger de délicieuses petites choses, à déguster un bon thé. Un café où les gens, ils pourraient venir avec leur amis, les journées de pluie, jouer à un jeu de société. Un café où l’on pourrait écouter de la musique tous les jeudis, où l’on pourrait voyager… Et voilà qu’au détour d’une petite rue, je tombe sur lui. À Toulouse. Il a ouvert depuis 5 mois. Il a piqué mes idées. Pas toutes quand même. Mais maintenant, je veux déjà y retourner. C’est « Un bout du monde » et son histoire ne fait que commencer…

Unboutdumonde1Une vieille machine à coudre, une table ronde, rectangulaire, en échiquier, une machine à écrire, un moulin à café. Tout ça vient de grand-mère, d’une brocante, fait sur mesure ou retapé. Première impression, le décor me plait. Ce n’est pas grand. Mais c’est très bien éclairé. Un peu ambivalent. Des cadres en verre, des verres à pied se mêlent au vieux mobilier. Le comptoir est un meuble d’apothicaire où un ordinateur tout neuf vient se poser. Quelques « Routard », les journaux toulousains, deux canapés…

Il est midi et demi, nous prenons place. La formule est annoncée. Ici, c’est tartine et salade. Du houmous, de la terrine, du chèvre-miel, du fromage basque, du saumon frais : pas de quoi faire frétiller les papilles mais du fait maison et de la simplicité. C’est 7 euros pour deux tranches de pain bien garnies, quelques feuilles de salade et des carottes râpées. Puis deux petits euros en plus pour une bonne part de gâteau au chocolat à partager. Mais nous ne sommes pas venues ici pour la gastronomie mais pour toutes ces bonnes idées qui fourmillent à côté.

D’abord, il y a cette grande carte du monde et ses petits post-it dont elle est parsemée. Il s’y chuchote des secrets insolites, des infos inédites sur des destinations du monde entier. Le principe est ici de poster vos bons plans selon un code couleur et une thématique dans une démarche de découverte participative. Vous y glanez de bonnes idées ! Autre originalité, une bibliothèque où l’on pratique le bookcrossing, l’échange de livre. J’y ai donc déposé mes « Chroniques de l’Asphalte » pour repartir avec un « Voyage en Amérique Latine ». C’est d’ailleurs de là que vient l’idée de ce lieu atypique.

« C’est parce qu’on a vu un endroit qui nous a beaucoup plu, à Punta Arenas, à la pointe du Chili, que l’idée nous est venue de créer un café dans le même esprit. » Voilà comment un photographe et un informaticien ont décidé il y a quelques mois d’investir ce lieu à part avec le credo « quand on veut, on peut », se sont ensuite « mis à la cuisine » et pensent aujourd’hui « développer des animations musicales le jeudi ». Et pour être décelé au détour d’une petite rue, pas question de grandes opérations de communication, « Un bout du monde » veut être découvert par le bouche à oreille. Par les aventuriers des villes ou les voyageurs du quotidien…

Quant à moi, après ce joli repas, revoir des bouteilles d’Inca Kola et de Cusqueña me donne envie de repartir vers l’Amérique alors que ce café, lui, me donne celle de rester.

> Un bout du monde : 18 rue des Pénitents Gris, Quartier Capitole, Toulouse
Ouverture : mardi et mercredi de 10h à 20h. jeudi, vendredi et samedi de 11h à 23h. www.unboutdumonde.fr