Jeudi soir. Quartier résidentiel près de la Cartoucherie. Une rue peu commerçante et un portail juste sombre. J’actionne les deux boutons comme indiqué sur le côté de la porte. Ça sonne. J’attends. Je viens me frotter à l’expérience confidentielle de la table d’hôte : Le pain et la rose.

Ce soir, je ne suis pas venue seule tenter l’aventure : je suis avec ma comparse Béatrice, du blog Fourchette & Spatule. En toulousaines aguerries par les repères gourmands, nous ne venons pourtant pas ici en terrain conquis. En effet, qui avait entendu parlé du Pain et la rose, une jolie table d’hôte située dans le quartier Purpan ? Le voisinage, sans doute. Et quelques chanceux qui avaient ouïe dire de l’adresse via le bouche à oreille. Nous, c’est presque un an après son ouverture que nous le découvrons. Comment est-ce possible ? Là est la question.

Nous ne nous la posons pas encore quand nous montons les marches du perron de cette belle toulousaine et de son petit jardin attenant. Non, le moment où l’on comprend que cela fait un an que l’on passe à côté du plan d’exception : c’est quand on pénètre dans le salon… transformé pour la bonne cause en salle de restaurant. Un bel endroit cossu avec un parquet lustré, une grande bibliothèque, un immense miroir et une belle cheminée. Quelques tables sont dressées, pouvant accueillir une vingtaine de couverts. Côté décoration : quelques touches un peu rétro et les mosaïques réalisées par la maitresse des lieux. Ce soir, nous ne sommes que deux à profiter de cet écrin. Un petit privilège.

L’accueil

Il est à la fois discret et convivial. Au service, c’est Marianne. En cuisine, son mari, Christophe. Tous deux ont décidé, une fois la retraite arrivée, de se lancer dans une activité de table d’hôte. Ils ont donc aménagé leur salon et se sont équipés d’une cuisine aux normes. Midi et soir du mardi au vendredi sur réservation (samedi pour un groupe de 6), ils accueillent les gourmands avec des menus à prix doux : 25€ entrée, plat, dessert et café que cela soit pour le déjeuner ou le diner.

 

 

 

 

 

 

Et dans l’assiette ?

Des produits frais, des recettes maisons, simples et efficaces avec des associations parfois originales. Pas de haute voltige, Christophe est formateur professionnel et n’a jamais étudié la cuisine. Mais on sent qu’il prend beaucoup de plaisir à présenter des goûts francs pour un résultat attendrissant. Truite en trois façon : œufs, gravelax et fumé élégant et maison. Saint-Jacques poêlées, risotto safrané et salicorne fraiche : on en redemanderait. Compotée d’orange à l’aneth glacée : on repart à la maison avec la recette. Non sans avoir salué le travail du chef, gratouillé la tête de son gentil chien, Maestro… En se demandant si finalement, on n’est pas en train de quitter un couple d’ami éloigné. Et avec l’envie furieuse de revenir partager un moment à cette adresse si belle et confidentielle… avec l’élue de son cœur ou un deuxième rendez-vous. Concluant. A coup sûr. Vous me direz si j’ai raison.

5 Rue de la Cartoucherie, 31300 Toulouse. Tel. 05 62 74 13 18. lepainetlarose.fr