Longtemps il y avait. Bien longtemps que je voulais m’assoir avec une poignée de bons amis autour de la grande table robuste qui trône au milieu de ce restaurant qu’on appelle Chez Navarre. Il a fallu attendre l’été pour s’installer prés de la vieille cheminée. Pour goûter aux plats de tradition préparés avec  sympathie par le cuisto de la table d’hôte la plus rustique et insolite des Carmes. On mange. On boit. On rit. On se sent bien. On prend son temps….

Ça fleure bon la bonne franquette, lorsqu’on approche de Chez Navarre. D’abord on se demande ce qu’on est venu faire en pleine chaleur dans cette chaumière qui semble plutôt destinées aux froides soirées d’hiver… Mais finalement, on entre, et on n’en est pas sorti, de cette auberge…

Navarre2Un groupe s’est désisté, nous prenons donc place autour de la table principale. Devant nous, moult propositions d’entrées se tiennent gourmandes dans des plats de grands mères en faïence et des terrines abimées. On voyage dans le terroir et dans le temps. Dans l’immense garde-manger à droite de la pièce, ribambelle d’assiettes. On en prend une. Puis à la louche, à la cuillère et l’0pinel, on attaque les hostilités. C’est définitivement des valeurs sûres : carottes rappées, salade de chou, de lentilles, betteraves, œufs mollets, boudin, pâtés de campagne à tartiner généreusement sur une tranche de pain. On va se la découper sur une planche un peu plus loin. Service minimum. Garantie de convivialité. Les autres tablées vers nous s’avancent, pour se servir ces précieux mets.

Plat principal : pas de choix, c’est le plat du jour. Dans un coin de la salle, trône une cuisinière sur laquelle le chef aNavarre4 déposé la popote : tomates farcies et gamelle de riz. Un classique. Je me sers, mi sceptique, mi amusée. Et puis, je mets le farci de bœuf et de chair à saucisse sur le coté de mon assiette… Finalement, je ne suis pas très viande. Mais le reste est bon. Sans surprise pour autant. C’est surtout un prétexte pour commander un petit rouge. Pour se resservir des entrées. Et continuer nos conversations animées tout en ayant les deux mains occupés et une bonne excuse pour rester à sa place. Nous reviendrons j’espère pour meilleur.

Viens ensuite le moment de partir à la quête des desserts. Et là, c’est la montée en puissance. Des grands classiques, toujours, pour ne pas changer de style. Mais les exercices imposés sont ici réalisés avec panache. Un succès dont on est assuré dès la première bouchée. Mousse au chocolat, riz au lait, rocher coco, crème vanille… On ne sait plus où donner de l’appétit. Tout est délicieux et ni une ni deux, on repart dans le garde-manger reprendre une écuelle et la garnir avec avidité.

Navarre5Six ans que Chez Navarre a remis au goût du jour un établissement fleurant bon la campagne. Six ans que Jérôme se travestit midi et soir en cuisinière d’antan pour nous concocter des plats familiaux qui nous rappelle nos grands mères. Et il n’a pas un cheveux blanc. Quant on lui demande comment il a eu l’idée d’un tel restaurant. Il nous réponds avoir eu envie de faire différent. Et cela marche. Le renouvellement de la carte ? « Seulement pour le plat du jour. » « Parce qu’aujourd’hui », nous confie le jeune chef, « les gens viennent pour retrouver les lentilles, le œufs mollet ou le riz au lait ». impossible donc de tolérer la déception sur leur visage. Cela tombe rudement bien. Nous sommes repartis très contents.

> Chez Navarre, 49, Grande Rue de Nazareth – 31000 Toulouse (réservation conseillée)