Ils sont deux, l’allure timide, l’accent coquet, le regard lumineux et l’or dans les doigts. Ils sont deux et ce premier rendez-vous avec eux laisse pour moi flotter dans l’air un agréable suspens. Ils sont deux et même si nous ne sommes pas réunis grâce un site de rencontre, j’ai adoré la grâce de ces planeurs et toutes leurs imperfections.

Pas d’enseigne. Ni de pas de porte. Ni de sonnette. Je me demande si je ne suis arrivée au bon endroit. Sur le mur « La table du 57 ». Attenante au Café Théâtre. Mais moi, je ne veux pas le 57 ! Je cherche le 56, du boulevard des Minimes. Tu sais… là où ce nouveau restaurant a ouvert. Et sur lequel tout plein de gens bien que je connais sur internet, font de très beaux compliments. Pourtant, en apercevant la porte entrouverte, en bas de l’escalier, l’ardoise avec une simple indication montre que je ne suis pas passé complément à côté : les planeurs. Ils sont bien là.

Les planeurs ToulouseAu premier étage. Le restaurant révèle sa candeur et me prend par surprise. La façade laissait présager d’un lieu beaucoup moins à la page. Enflammée m’attend sur la jolie terrasse. Elle a l’air sage. Mais elle a déjà commandé un verre de vin pétillant de la Loire. Mon arrivée est l’occasion de visiter la salle, de prendre quelques photos et de rencontrer Toshi, le premier du binôme qui se cache derrière ce resto. Attentionné, discret, souriant, l’ancien sommelier de la Pente Douce nous explique que ici, la déco est chinée, qu’il y aura bientôt un petit espace privé à la place de ces cartons et que tout non, c’est vrai, tout n’est pas terminé. Et on aperçoit même un petit trou dans le canapé. De mignonnes petites imperfections. Et le récit de Toshi laisse entrevoir aussi un service attentif et prévenant.

L’autre promesse est entre les mains de Katsu : le second larron. Comme Toshi, il vient du Japon et travaillait à Paris précédemment. C’était pour lui, Toulouse ou le Japon. Tout deux avaient déjà collaboré il y a déjà quelques années. Ils ont donc décidé de remettre le couvert, mais avec beaucoup plus de liberté. Les planeurs sont ainsi nés. Cuistot et sommelier : le duo gagnant.

Les planeurs Toulouse 2Et dans l’assiette? Nous reprenons place (et un peu de vin pétillant). Sur la chaise, face à la table, le menu à l’ardoise. 36€, un choix de deux entrées, plats et desserts. 50€ et on se laisse faire. Nous choisissons, raisonnables, la première option. On a quand même droit à l’amuse bouche envoyés par Katsu. Nous mangeons donc du sashimi de poulpe, bien ferme, avec un filet d’huile d’olive : le Japon, tout en finesse, se « méditerranéise ». L’entrée ? Une combinaison osée, un flan de girolle surmonté d’huitres juste pochées. Une écume. Quelques croutons. Un délice. L’audace est bel et bien récompensée. Nous apprécions aussi un nouveau ballon de pétillant de Loire. Surtout lorsque le plat arrive. Daurade grise au curry, moules et haricot « tarbés ». La seule faute est dans l’orthographe. Très vite pardonnée. Enfin, la note sucrée : blanc-manger à l’amande, granité de poire : c’est onctueux, c’est frais, c’est doux. Planant. Comme tout.

Alors ? Que dire de ces deux drôles d’oiseaux. Qu’ils planent. Oui un peu. Qu’ils nous font planer. Beaucoup. Que le repas fut agréable en terrasse, surprenant sous la langue et claquant pour les papilles : pas sans fautes d’orthographe, presque sans fausses notes et dans l’esprit : un peu rock’n’roll. Une expérience agréable sans être lisse, subtile mais cool, chic et nonchalante. De ces planeurs, j’ai tout aimé. Surtout leurs petites imperfections.

> Les planeurs, 56 Boulevard des Minimes, Toulouse, France 31200

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