Logé en plein cœur de la Cour des consuls, hôtel cinq étoiles du quartier des Carmes, le Cénacle propose une carte raffinée, orchestrée par Jérôme Ryon, chef étoilé, et mise en musique par Thomas Vondersher en cuisine. On retient son souffle, on effectue quelques gammes, un assouplissement du palais avant de plonger dans un déjeuner de haute voltige.

Chic et envolé. Entrer dans ce lieu d’exception me donne déjà envie de faire la moue. Et quelques pointes. Ce déjeuner au Cénacle, je le vis comme un privilège, un moment suspendu, un opéra. Sans pour autant élever la voix et lever le petit doigt. Tout est là. Il est 13h quand nous prenons place autour de l’immense table ronde à la nappe immaculée. La salle est belle, aux couleurs plutôt froides rehaussées par une immense cheminée d’un côté, et la reproduction du « Souper à Emmaüs » du Caravage de l’autre. La clientèle est à l’image du lieu : voluptueuse, calme et élégante. N’étant rien de cela, je décide de me concentrer sur mon assiette : la partition de ce déjeuner d’exception. J’ai bien raison.

Cenacle 1Les mises en bouche approchent et c’est une belle comptine pour les papilles. Colorées, originales, savoureuses, à base de boudin, de pruneaux, de gouda, de tomates ou de poisson… Elles éveillent nos sens et nous dans de bonne disposition pour la suite. Elle fait son entrée. Pour moi, ce sera une salade d’endives, huitres de Marenne pochées et pamplemousse chinois accompagné de pain de seigle. Elle donne le ton. Avec cependant deux petits bémols : le pamplemousse mériterait un peu plus de peps et je suis jalouse de ma voisine, qui déguste un thon blanc grillé et pané aux sésames, avocat et vinaigrette de cacahuètes grillées. Des préoccupations de fines bouches, finalement !

Cenacle-Entrée-Plat
Par la suite, je serai plus chanceuse : mon plat principal est, à mon avis, le plus réussi de la carte du midi. Des lasagnes de légumes, potirons, Mornays à la feta, jus de potimarron et truffes de Bourgogne, servis sous cloche, pour faire belle impression. Et ça marche ! C’est fin, onctueux, généreux, surprenants en goût et en texture, notamment grâce au fromage qui relève le tout. Quant à la truffe, elle ne se cherche pas mais se savoure avec générosité. Bien plus qu’une cerise sur un gâteau. On passe au concerto.

Cenacle-DessertNouveau couplet : le dessert. Et je lorgne déjà sur le macaron framboise, crème légère et sorbet de litchi qui se dépose juste à côté. J’en dérobe une cuillère, avant de recevoir celui qui m’est destiné : soufflé Grand-Marnier glacé, biscuit sucré et suprême d’orange. Tout en légèreté. Dernier rappel avant la fin du voyage : des mignardises et un café. Le menu, vin et café compris est à 38€ le midi. Un luxe que les gourmets ne devraient pas hésiter à s’offrir. Les gourmands, eux, devront peut-être économiser un peu. Mais le menu en vaut la chandelle. La mélodie des saveurs.

> 46 rue des Couteliers, 31000  Toulouse