Jamais au grand jamais je n’aurais cru mettre les pieds dans cette affaire. Et pourtant… J’ai habité presque deux ans rive gauche de la Garonne mais j’ai toujours pris soin de contourner ce lieu si peu typique du quartier Saint Cyprien. Il a pourtant suffi d’un instant où je baissais ma garde pour que je me retrouve attablé en terrasse. Le Carson City, finalement, c’est kitch mais c’est plutôt bon.

Carson2Sur la place des Oliviers, quand bien même on évite la déco intérieure à l’heure américaine, on ne peut pas louper l’enseigne fluorescente en brin en décalage avec notre espace-temps. Même à l’extérieur, impossible de faire croire que l’on est attablé à un autre râtelier. Ici, on est en Amérique profonde. Au Texas sans doute, on dans ce type d’endroit…

Premier abord : pas ma culture, pas ma came, pas mon dada. Déjà, leur site Internet tire à chaque chargement de page trois coups de revolver. Pas du plus bon goût, par les temps qui courent. Sachez en plus que le reste du voyage virtuel est raccord avec ça. J’y repense assise sur ma chaise, plissant les yeux au soleil. J’imagine déjà les assiettes de barbaque et les hamburgers féroces dégoulinants de sauce barbeurk. Et puis, je vois un énorme plat de viande à la table voisine, emmené crépitant dans les mains de la serveuse en Blue jeans. Sale temps pour les végétariens. J’ouvre le menu avec une once d’appréhension.

Finalement, là-dedans, c’est assez varié et certains intitulés fleurent la simplicité. Un menu est proposé pour 12 euros 80. Très bien achalandé. Le reste est à la carte. C’est un peu cher. Les grandes assiettes carnivores sont à plus de 20 billets. Mon accompagnateur prendra une assiette Texane. Très relevée. Pour ma part, je prendrai donc une salade, un coquelet pané et un sorbet, avec un quart de vin compris dans le menu du midi ! Je ne me plains plus, j’attends de déguster.

La salade est généreusement parsemée de jolis morceaux de roquefort. À la fin de l’assiette, je n’ai déjà plus très faim. Mais arrive le demi-coquelet, au pané croustillant, accompagné de salade verte (encore) et de frites maison. Hum, c’est bon. Mais c’est copieux. Mon estomac s’essouffle ! Il faut pourtant faire une place pour le dessert. Sorbet framboise, classique. Le tout surmonté d’une bonne dose de chantilly. J’enfourne trois petites cuillères. Plonge la chantilly dans mon café. Mieux vaut finir par une note italienne. Le choc des cultures a bien eu lieu. Faute d’adhésion à son concept « too much Yankee », le lieu s’en sors avec les petits honneurs en cuisine. Tout du moins ce midi.

> CARSON CITY SALOON, 3, place Olivier, 31300 Toulouse, Ouvert 7/7 jours de 10h à 2h, www.restaurant-carsoncity.com