Samedi soir 19h30… Ah bah non pas samedi soir. C’est complet à l’entrée et le lieu ne prend pas les réservations. Je reprends. Jeudi soir 18h45 donc. J’entre dans l’un des lieux qui fait fureur en ce début d’année à Toulouse. Plus attisé par le concept de cave à manger & épicerie fine que par le monde qui s’y bouscule, me voici sur une table haute de l’Alimentation.

Non, je n’ai pas décidé à me la jouer jeune cadre dynamique apprêtée pour affronter les nouvelles tendances toulousaines. La seule chose qui pourrait me mettre dans le vent, c’est mon vieux pull marin troué, que j’affectionne tant. Non, je me suis dit que je me devais de temps en temps de fréquenter les lieux à la mode. Mais j’embarque quand même une poignée de copains pas trop stylés. Pour m’aider à trancher.

Alimentation_DecoL’Alimentation. Je me suis presque entendu dire que le nom « ne faisait pas envie ». C’est pourtant bien pratique : on sait direct, dès l’énoncé qu’on n’est pas venu pour bricoler. Mais va-t-on juste chez l’épicier ? Oh que non. Le lieu se révèle avoir d’autres ambitions. Ici, on surfe sur toutes les tendances : grands espaces, restauration sur étages, cuisine ouverte, chambre froide vitrée, cagette en bois, lumière tamisées et barbus à chemises boutonnées. Tout est là et pourtant, rien est en vrac. Tables hautes en bas, cuisine et desserte d’hôte centrale à l’étage entourée de petites tables pour plus d’intimité. L’Alimentation a fait fort, contemporain, cosy, original, branché. Tout plait. Même le concept de mêler « Food Store » et Cave à manger (impossible à traduire en anglais).

Une épicerie. Mais qui vend quoi ? « Ici, tout est axé sur le produit. Ce que nous vendons côté épicerie fine, nous le proposons à la restauration. Que cela soit les huiles d’Olive, les pâtes, ou le vin, que l’on peut s’offrir à table avec 10€ de droit de bouchon », explique Christophe Baron, le gérant du restaurant. « On vent aussi des conserves de petits producteurs, des couteaux d’une magnifique coutellerie et des livres de cuisine ». Toute est choisi avec soin et parcimonie. Et s’insère dans le décor en harmonie. On n’est pas au supermarché. L’Alimentation à même poussé l’amour de la bonne ripaille jusqu’au bout, en organisant des cours de cuisine à thème à l’étage avec de bons petits chefs du cru. Tout un menu.Alimentation_Charcuterie

Mais alors qu’est ce qu’on y mange ? C’est François Mazzuchin qui a imaginé la carte avec pour mission de mettre en valeur les produits que vend la maison. On y retrouve aussi beaucoup de viandes, braisées au four à charbon ou passées à la rôtissoire. Les pièces du boucher sont au cœur de la carte. Mais il y a d’autres options. Des petits plats à grignoter le soir, un plat du jour le midi et des assortiments de charcuterie et fromages. A tomber, je vous le dis. Jeudi soir, on se fait un total combo de croque-monsieur mozzarella de Buffala, jambon et truffe fraiche (8€). Le tout arrosé d’un Pic Saint Loup (26€), d’un côte du Rhône (23€) et d’un Saint Chinian (22€) et de quelques assortiments.

Et donc ? La soirée est excellente même si (il en faut bien) : 1/ Nous sommes en plein courant d’air, à côté de la porte. 2 / La musique est un peu trop forte. Quand bien même (et le vin aidant) nous parvenons à nous comprendre, nous amuser et même nous régaler. C’est bien le plus important. Très loin de cette idée de sortir pour être vu (ce qui ne semble pas être le cas de l’ensemble de la clientèle), nous passons une soirée très conviviale, que le service, « très sympathique », encourage. Avec une adition à 33€ par personne nous laissons même un pourboire. Nous ne repartirons ni avec un boite de sardine, ni avec une cagette de champagne. Mais nous reviendrons. Très certainement. Pour une nouvelle histoire.

> 3 bis, rue Maurice Fonvieille, 31000 Toulouse. alimentation-toulouse.com