Connaissez-vous le Bleu Bleu, ce squat improbable logé depuis des années en bordure de Garonne, côté Toulouse et faisant face à la ville Blagnac ? Il offre une halte alternative, brute, bucolique et originale à celui qui daigne s’y aventurer…. Voyage en terre singulière.

Seuls tes basquets ou ton vélo te mèneront au Bleu-Bleu : en longeant la Garonne depuis le centre de Toulouse ou à partir du pont à l’entrée de Blagnac. Un tout petit chemin le dévoile. Tu ne pourras pas le louper. Tout de béton vêtu, ce spot clandestin et décalé se compose de la maison bleue pétard et bringuebalante de son propriétaire, d’une buvette de fortune et de sièges et de tables en parpaings bordant le fleuve… Luxe ultime, on peut boire sa canette de coca ou de bière, et bouquiner à l’ombre des parasols.

Que ceux qui préfèrent l’ambiance sans charme des lieux à la mode s’abstiennent. Ici, on fait dans le brut de pomme. Dans l’alternatif, le calme et la convivialité. On n’est pas là pour se la raconter. Gilbert Vivien, l’hôte de ces lieux, a façonné ce Bleu-Bleu de ses mains et à son image… il en a fait un lieu de bric et de broc, suspendu comme lui dans le temps… surtout du haut de ses 80 printemps.

Alors, on arrive et on s’installe sur les vieilles couvertures et les coussins abimés qui recouvrent les banquettes en béton. On choisit son parasol et on file à la buvette. Vide, la plupart du temps. Quelques minutes d’attente et l’on vient te servir, à prix raisonnable en boissons (2.50€ le coca) et sandwiches. Puis on revient se rafraichir en profitant de l’air du fleuve. Et passer un moment aussi long que désuet, aussi tranquille qu’unique. Et on se dit que la semaine prochaine, on voudra bien revenir… dans ce Bleu-Bleu.