Depuis le temps que je voulais confier ma tignasse à Madame Sans Gêne… Coiffeuse rétro et joli brin de fille, tatouée à souhait, elle exprime son talent à coup de shampoing bio, de fer à boucler et de ciseau… dans une atmosphère conviviale et irrésistiblement rétro. J’y file.

Madame SansGeneSamedi juste après midi, j’entre dans le petit salon voisin du Café Concorde situé dans cette rue du même nom que j’affectionne tant. J’avais pris le soin de réserver pour ce samedi exceptionnellement ouvert chez Madame sans Gêne. Mais qu’importe le rendez-vous, il faudra attendre. Ces dames ont pris un peu de retard… Je m’assoie donc dans un fauteuil confortable, je feuillette Causette et scrute la déco.

D’immenses miroirs qui s’appliquent à tout le mur que j’ai en face de moi : voilà l’investissement principal de Madame Sans Gêne. Ils donnent à sa petite boutique de la grandeur et de la lumière. Le reste, elle l’a chiné. Le bon coin, les puces, Emmaüs… elle a déniché des objets vintages et décalés puis les a relookés. Assise dans un fauteuil, sous une vieille machine à cheveux, près du bac à shampoing : on en prend plein les mirettes. On se sent faire un plongeon dans l’histoire au son de Billie Holiday.

Mais qui se cache derrière cette coiffeuse sans-gêne ? La réponse : une nouvelle Elodie, qui aurait pu, à une année près, porter en plus du même nom, le même âge que moi. Cette toulousaine de 31 printemps coiffe donc depuis 16 ans et a exercé ses doigts de fée entre Strasbourg, la Chine et la Ville rose. Depuis 2 ans, elle a ouvert ce charmant salon où elle ne travaille que les produits biologiques ou éco garantis. « J’avais développé de véritables allergies aux produits chimiques, c’était soit le bio, soit la reconversion. J’ai vite choisi. »

Alors comment fait-on pour prendre rendez-vous chez Madame Sans Gêne ? Puisqu’elle n’est ouverte que du lundi au vendredi… Et bien on prend un RTT ou on attend patiemment qu’au hasard d’un samedi, elle ouvre boutique pour la coiffer au poteau. Elle a même recruté, pour faire baisser le temps d’attente des clients. Le plus souvent, Elodie a donc ses week-ends, où elle s’occupe de pin-up, ou apporte sa touche vintage à des évènements toulousains.

Madame Sans Gene SalonUne fois devant le miroir et entre les mains de Madame, je lui confie ma tête avec une confiance sereine. Elle commence par un soin à base d’huile de macadamia, jojoba, olive et colza. Après cela, trois shampoings seront nécessaires et avant que la coupe ne commence, elle m’explique chacun de ses gestes et précise qu’« au moins vingt minutes à nourrir le cheveux sont indispensable pour elle ». On apprend pendant ce temps à découvrir ses inclinations littéraires : Zombie, Apocalypse sur Carson City, Harry Potter. Pour le dernier, on la suit.

Une petite heure, quarante-trois euros et Madame Sans Gêne sera venue à bout de ma tignasse en y ajoutant une petite frange, des pointes assouplies et des boucles aériennes. Selon elle, dès demain, elle disparaitront… Mais croisons les doigts puisque pour l’instant, elles sont toujours bien en place tout autour de mon visage. Il affiche quant à lui le sourire de la cliente conquise. Ce n’est donc pas que pour son joli nom que je reviendrai la voir, Elodie.

> Madame Sans Gêne, 17, rue de la Concorde, 31000 Toulouse. Tel. 09 72 35 58 75.