Le parking est bien rempli : des vans, des voitures, des camions et des caravanes. Il ne reste plus qu’une dizaine de mètres à parcourir sur la centaine qui éloignent la Grainerie du métro. Mais déjà, le bâtiment est imposant, neuf, presque flambant. La Grainerie a bien grandi, logée dans la zone d’activité Balma Gramont. Monsieur Loyal en perdrait son haut de forme.

Ici, pas d’animaux en cage ni otaries qui barbotent dans la piscine. La Grainerie porte depuis ses débuts les couleurs d’un nouveau cirque. Celui qui a la possibilité deLaGrainerie3 s’affranchir des codes traditionnels du genre et la plupart du temps, du fameux chapiteau. Voilà pourquoi on assiste aujourd’hui à l’inauguration d’un nouveau bâtiment, professionnel, convivial même si en fond sonore, on profite encore, de la fin des travaux.

Le lieu est donc dédié à l’accueil de résidences et de spectacles circassiens. Ses atouts majeurs : cinq studios qui accueillent majoritairement des compagnies locales ou partenaires, un immense espace d’entrainement à deux niveaux, une salle de répétition, de stockage et un espace de représentation. Pour les associations sœurs et les membres de l’équipe, des bureaux. Pour le public, c’est un accueil convivial qui a été créé près de l’entrée et au comptoir, le verre de rouge est à un prix très raisonnable.

LaGrainerie2Dans ces conditions, la Grainerie ne pouvait que nous présenter sa première et presque complète saison de cirque. En pérennisant d’abord le rendez-vous des « Tours de piste », l’espace invite le spectateur à découvrir de tous nouveaux spectacles, présentés par des compagnies en fin de résidence. Et ce à petit prix. C’est aussi l’occasion pour les artistes de tester leur création sur le public. Et puis il y a aussi « Le coin des amis », comme les macabres lurons de Carnage Production qui ont enflammé le chapiteau la semaine précédentes, offrant un Cabaret de la mort des plus déstructurés et complètement glucose. Viennent ensuite les festivals, qui atteignent aujourd’hui, leur rythme de croisière. Coup de pouce, en cette fin d’année, l’espace accueille le Cirque Plume, qui risque d’engager un véritable renouveau en terme de fréquentation.

Car la Grainerie se trouve confrontée à un challenge de taille : celui de faire venir un public large pour des représentations qui vont souvent à contre courant des stéréotypes inhérents à l’art qu’elle défend. Le nouveau cirque est une construction, une expression. Il engage une recherche de sens et se retrouve souvent au croisement de plusieurs disciplines, que ce soit la danse, le théâtre ou la musique. Les projets de médiations se multiplient avec les écoles. Il faut aussi convertir les nouveaux actifs, les nouveaux habitants de cette zone en expansion. Trouver aussi de nouveaux mécènes. ..

Il reste donc beaucoup à faire mais les volontés sont fermes. La Grainerie a de beaux projets et de beaux jours devant elle. Reconnue aujourd’hui à un niveau international, elle est partie pour favoriser dans les meilleures conditions, la fabrication des arts du cirque.

> La Grainerie, 61 Rue St Jean 31130 Balma, www.la-grainerie.org