Jeudi matin, levée 5h. Pire qu’aux aurores. J’enfile une tenue confortable et file au volant de ma petite voiture.  Parce qu’à 6h, j’ai rendez-vous à l’Aéroclub Clément Ader de Muret.  Avec Nicolas. Il m’emmène en balade à bord d’un biplace dans le ciel d’Occitanie. Se lever tôt pour ça : cela ne coûte pas. Même, cela n’a pas de prix.

Jeudi matin. 6h. Aéroclub Clément Ader.

Je gare ma voiture dans la pénombre. Il ne fait pas encore jour. J’ai rendez-vous avec Nicolas. Nicolas, je ne le connais pas. Mais je n’ai même pas peur. J’ai dit aux copines ce que j’allais traficoter en cette fraiche matinée. Les contrôleurs sont au parfum. Je ne crains rien. La rencontre se révèle même décontractée. Sur le parking, Nicolas me claque une bise, m’emmène au bord de la piste et me présente le dernier membre de notre trio : Papa India. Lustré comme un sou neuf, on dirait qu’il nous a attendu toute la nuit dans le hangar de l’aéroclub.

Papa India, c’est un petit avion. Plus précisément, un jeune PS28 d’origine tchèque que je préfère appeler par son prénom. Il faut le manipuler avec délicatesse et précision : le sortir, le bichonner, surtout, le contrôler, et voir si rien ne s’oppose à notre envolée. Vérification de l’essence, de l’huile, purge, tour complet de l’avion, contrôle des vis et des boulons… Nicolas prend toutes les précautions. Il me montre notre parcours sur la carte aéronautique… avant de m’inviter à grimper à bord de l’avion. On boucle les ceintures, mettons nos casques sur la tête, un micro contre les lèvres et Nicolas contrôle le tableau de bord en même temps qu’il se déplace sur la piste et fait chauffer l’avion.

Je n’ai toujours pas peur. Pourtant, la sensation au décollage sonne déjà comme un petit évènement dans ma tête, mon ventre et mon cœur. Et plus encore, quand nous prenons de la hauteur. Cet avion me met des papillons. Pas le vertige. Alors, se révèle la terre, les champs, les petites maisons. Nous contournons Toulouse : direction Lasbordes et son aérodrome. Avant d’arriver, on aperçoit la Cité de l’Espace et son Planétarium. De loin, la Médiathèque, même La Grave. Première pause. Premier atterrissage. En douceur. Sur le tarmac, il n’y a personne. On quitte Papa India le temps de découvrir l’Envol vidé de ses noctambules branchés. Pas trop longtemps.

Quelques instant plus tard ; nous redécollons de plus belle, pour aller bien plus loin. Nous nous dirigeons vers Gaillac, ce sera notre deuxième étape. J’ai même le droit de prendre les commandes et pour mission de repérer la piste. Maman, je pilote un avion ! Mais c’est Nicolas, qui atterrit et qui redécolle en suivant. Nous survolons ensuite les environs de Cordes-Sur-Ciel, Saint-Antonin-Noble-Val puis Bruniquel et Moissac. Jamais trop près des villages, ni des habitations. Le panorama est exceptionnel. Les gorges de l’Aveyron sont à couper le souffle. Nicolas prend véritablement le temps de partager sa passion.

Ce type de balades, l’Aéroclub Clément Ader les propose en version baptême de l’air de 30 minutes ou à l’heure de vol. Partant pour la première option ? Il vous en coûtera 90€ pour une, deux ou même trois personnes… et vous aurez l’occasion de survoler les environs des villages de Rieumes, Saint-Elix, Montesquieu-Volvestre et Carbonne… Si vous voulez allez plus loin : passez à l’heure de vol ! Vous partirez à la découverte des Pyrénées, du Pic du Midi ou des châteaux Cathares… avec un minimum de 137€ l’heure de vol et 30€ de licence. Votre pilote, lui sera bénévole. Et si l’envie vous prend de faire le même voyage que moi (en moins matinal, ou même en nocturne, pourquoi pas ?), il aura duré 2h30. 2h30 que je n’oublierai pas.

De retour à l’aéroclub, petit pincement au cœur. On débriefe de l’aventure autour d’un café bien mérité. On consulte l’itinéraire de vol. Nicolas, me parle de son expérience… Il faut environ 7000€ et minimum 45h de vol pour devenir, comme lui, pilote privé. Un budget proportionnel à sa passion du ciel. Son prochain challenge : devenir instructeur et voir pour la première fois son poulain s’envoler tout seul. Cela ne m’étonne même pas : le partage, la convivialité il a l’air d’être fait pour ça.

Toutes les infos sur : www.acca.aero