Comment ça ? Je n’avais pas essayé le traditionnel repas du dimanche au premier étage des Halles du marché Victor Hugo ? Bah non. J’ai pourtant habité pendant un an juste en face, profitant du réveil matin à base de mégaphone, grand déballage, et noctambules venus rassasier leur gueule de bois. Il était temps de trouver la bonne occasion. J’ai donc rameuté papi, ancien cheminot ayant connu les déjeuners matinaux au dessus du marché Victor Hugo, ajouté mes parents, pas toujours ravis de passer un dimanche pluvieux au centre ville, et un petit ami regrettant de s’être levé trop tôt. Un bon repas en perspective.

Louchebem2  Le décor est planté. Mais si nous n’avons pas l’art, eux n’ont surtout pas la manière. On ne peut réserver qu’à 12h00. Pas avant, plus après. D’un pas guilleret, je rejoins donc ma petite famille. Mais patatras, le quart d’heure toulousain s’en prend à moi. Mes parents m’attendent donc dehors, pas moyen d’entrer si on n’est pas les cinq au complet. Bon. L’accueil est donc mesuré. Il n’en fallait pas plus pour éteindre les dernières bonnes volontés.
Une fois dans le restaurant, près de la vitre, une table nous attend. Pas trop grande. De toute façon, la coutume, au Louchebem, est à la promiscuité. Même les serveuses doivent se tortiller pour passer entre les clients finement installés. Bien. Il est temps de commander.

Alors bon, la carte est au tableau. Enfin, il y a la carte et le tableau. Nous optons pour le menu à 26 euros. La serveuse prend commande. Ce sera donc le foie gras de Canard maison sur un Méli Mélo de salade avec son Carpaccio de Jambon de Magret et Serran. TraLouchebem3duction : une Montagne de salade, surplombée d’un morceau de foie gras et parsemé de charcuterie. Tant de verdure à bien le temps de combler mon appétit. Pourtant, il faut passer à la suite. Et comme je n’aime pas la viande, spécialité de la maison (mais que diable allais-je faire dans cette chaumière ?), ce sera donc papillote de saumon et ratatouille maison. Copieux, plus que de raison… Mais allons plutôt voir du coté des amateurs de viandes. Ceux qui ont là, devant leurs yeux, tartare de bœuf, onglet, bavette ou magret de canard. La régalade est-elle à la hauteur de leurs attentes ? Pas tellement visiblement.

Et voilà que se pointe le coté obscur de la bande. La viande trop nervée, pas assez tendre, se mêle aux remarques sur le bruit sonnant le glas de toute conversation et à l’étroitesse de lieu qui encourage l’inconfort. Bref, ce dimanche midi, apparemment, on aurait préféré déjeuner dans le salon. Mais la question qui se pose dans ce restaurant, c’est bel celle du pourquoi du comment. Pourquoi les gens se pressent t-ils au bar, attendant longuement qu’une table se libère, avec pour consolation un verre de pastis digne des troisième mi-temps. Comment cet endroit qui n’a finalement pas tant de charme a réussi à devenir un rendez vous incontournable des dimanche mLouchebem4idi de la région?

Pas vraiment de réponse à part qu’il en faut certainement pour tout les ventres, et que les dimanches, les longues plages dinatoires trouvent peu de répondant. Pour ma part, je dirai aussi que c’est une ambiance et une empreinte qui se distingue dans le paysage toulousain. Un lieu de tradition. A la bonne franquette diraient certains. Avec des prix qui n’adressent quand pas les bourses les plus petites. La clientèle est familiale et rugbystique. Ce qui semblait parfaitement coller à l’esprit de ma tribu. Échec plutôt cinglant. Je commence à comprendre d’où vient cet esprit critique qui me pousse à commenter tant bien que mal mes expériences culinaires. Il en va donc de même de ma douce mauvaise foi. Parce que bon, qu’en arrive le dessert, on ne se fait pas prier pour y planter une petite cuillère…

> Le Louchebem, Rue Victor Hugo 31000 Toulouse. Tel. 05 61 12 12 52. www.lelouchebem.com