Oui, je suis coupable. Et oui, je m’en veux un peu. Mais non, promis, je n’y ai pas trop pris goût… Enfin un tout petit peu… Si c’est de temps en temps, il n’y a pas de quoi en faire un drame. La fidélité est une valeur un peu dépassée de toute façon. Alors, oui, je suis allée voir ailleurs. Le temps d’un après midi, j’ai trompé mon existence mono-citadine pour les bienfaits de la verdure et d’un petit étang. J’avoue : je suis allée à la campagne…

Lac1Bon, je n’ai pas non plus tenté le diable. Pas pris trop de risques. Mais quand même. Je suis allée jusqu’à Merville. Pas trop loin. Au Camping des Lacs. Comme son nom l’indique : un camping, avec deux petits lacs. On n’a pas loué les jolis petits gites. De toute façon, ils sont complets pour toute la saison. Apparemment, la campagne périurbaine est très prisé en ce moment. Voilà, en fait, on a fait pire. On est venu pêcher à la ligne.

15 euros la cane à pêche, la boite de gros vers blancs et le droit de les tremper dans l’étang. Nous cherchons une place stratégique. Mais il yLac3 a du monde (faut pas croire) du coté où sont censés mordre les poissons. Par goût du défi, nous choisissons l’autre rive… Par esprit de tranquillité aussi… C’est alors que commence l’aventure très sportive de la pêche à la ligne. Cela consiste globalement en un lancé de bouchon le plus loin possible et en une attente aussi longue que bucolique. Je suis douée pour ça. Pour prendre le temps de lire, d’écrire, mais surtout d’observer les spécimens panachés qui peuplent les contours de l’étang.
Je me moque un peu. C’est de bonne guerre. Ils doivent tous faire pareil en me voyant. Après tout, aujourd’hui, ce n’est pas moi qui suis dans la norme. La catégorie citadine n’a pas souvent sa place dans une partie de pêche à la ligne. Ici, c’est l’habit militaire qui fait le moine. Ou bien le short, la glacière et la chaise longue. Mais on discute, on vient nous tuyauter, on partage son palmarès… un peu à la sauce marseillaise, il faut bien l’avouer. Ils ont bien compris que nous ne leur ferons jamais concurrence. Nous sommes les pêcheurs d’un seul jour.

Lac4Nous profitons surtout du calme, du cadre, du soleil et du paysage. Du curieux chant des grenouilles. Quelques coups d’œil sur le bouchon rouge. Cela ne mord pas. C’est la sieste même pour les poissons. Alors nous on lézarde, à défaut de truiter. C’est un 1er mai aux engagements fainéants. Je suis allée manifester à onze heure et demi et je me suis psychologiquement rapproché d’un nouveau parti : Chasse, pêche, nature et tradition. Je suis en pleine exploration. Mais je retrouve vite mes vieilles habitudes. Sur le départ, un petit détoLac5ur par le snack. On peut y manger sur réservation. Appelez bien deux jours avant pour que la cuisinière fasse les courses. On y sert un plat unique et des produits frais, dans un cadre très agréable pour la demi-journée.

Fin de l’histoire. Non, le bouchon n’a pas plongé. La truite est bien maligne. Elle n’a pas mordu à l’hameçon. Mais toute malice à ses limites. Surtout quand on parle de poissons. Alors c’est l’épuisette qui a fait ses preuves. Un processus original et tout à fait réjouissant. Et ce soir, malgré mes demandes insistantes pour relâcher dans l’eau la cargaison, malgré l’incompréhension de l’assistance devant ma volonté de protection, c’est bien nos deux truites en papillote que nous mangeons.

> Le Camping des Lacs, Le Port Haut 31330 Merville –  Tél.: 05 61 82 54 46 – http://www.camping-des-lacs.fr