J’avais lu le livre. Il y a des années. J’avais vu le film, qui m’avait valu une honte monumentale dans le TER Avignon Toulouse, où, pleurant à chaude larme, j’étalai mes Kleenex trempés sur ma tablette les laissant négligemment tomber dans le couloir central du train. Mais comme je suis une grande fille courageuse (très courageuse), je persiste est je signe : Oscar et la Dame Rose au Théâtre. I Just did it.

D’abord parce que c’est une joli histoire, écrite pas un écrivain de talent (Henri Emmanuel Schmitt de son petit nom). Ensuite parce que non, je ne suis pas la madeleine pathétique que je fus le temps d’un long trajet. Et surtout parce que Oscar, il nous rapproche un peu mon frère et moi. Alors c’est avec lui que je m’en vais le voir.

Si vous ne connaissez pas l’histoire, Oscar c’est un petit enfant mignon. Un enfant avec une bonne grosse dose de loose. Comme on en connait peu. D’abord parce qu’il va mourir bientôt et ça déjà, ce n’est pas cool. Mais en plus, il vit à l’hôpital, se tape des parents déboulonnés et des amis cheloux. Et voilà qu’un beau jour, se pointe mamie Rose, ancienne catcheuse de son état, qui va bouleverser les derniers jours de la petite vie d’Oscar.

Alors oui, je vous aurai prévenu, c’est triste. Mais le théâtre n’est-il pas là pour nous faire vivre toutes sortes d’émotions ? Dans la plus grande justesse et la plus grande simplicité, Pierre Matras de la compagnie du Grenier de Toulouse, incarne à lui seul un Oscar doux et fragile et une mamie Rose bienveillante et perspicace. « J’ai lu le roman il y a 5 ou 6 ans explique l’acteur. Mes premiers pleurs pour un livre… J’en ai fait des lectures à la Cave Poésie pour les « 40 Rugissants ». Un succès. J’ai eu envie de jouer la pièce. Nous l’avons monté il y a un an et demi avec Lucie Mutatet. Pour la douceur, j’ai choisi une femme… »

Un seul acteur sur scène pour interpréter tous les rôles. Un adulte pour incarner un enfant. Un homme pour incarner une dame. La pièce, qui se joue jusqu’au 7 avril au Grenier Théâtre fait le pari de tous les paradoxes. Mais aussi surprenant que cela puisse être au début la pièce, le regard naïf et l’interprétation de Pierre Matras font naitre et grandir l’histoire avec magie. Jusqu’à me tirer une larme. On ne se refait pas…

 
 
> Oscar et la dame rose: du 21 mars au 7 avril 2012 au Grenier Théâtre, 14 impasse de Gramont,
31200 Toulouse http://www.grenierdetoulouse.fr