Du 23 au 26 juin, c’était la septième édition du plus parisien des événements littéraires toulousains, le Marathon des mots. Une manifestation qui n’a pas fait beaucoup parlé cette année, mais qui, indubitablement, a fait lire…

Bon, je vais sûrement me fâcher avec les éminences littéraires de la ville. Je vais peut-être ruiner une carrière éditoriale déjà bien amochée. Ou pas, si personne ne s’attarde trop sur ce qui va suivre. Et c’est souvent le cas. Toujours est-il que depuis quatre ans que je me discipline à aller voir une lecture au Marathon des mots, j’ai eu un peu de temps pour me faire une opinion.

L’expérience avait pourtant bien commencé. La bibliothèque de Frédéric Beigbeder : mon auteur préféré partageant ceux qui l’ont lui-même inspiré, dans la magie du cloître des Jacobins avec pour petite coquetterie un guitariste rock faisant la transition entre les bouquins. Paradoxe amusant. J’en conclu seulement que de lectures en lectures, mon esprit se mit à penser à autre chose. Discipline indisciplinée. Malgré mes notes, j’oubliai un a un les auteurs qui je m’étais promis de lire. Reste quelques phrases. Je n’entre pas dans le détail.

Deuxième tentative. Une pièce de Zeller. Bah oui, quand même, dans toute mon inculture, j’avais lu un roman du dandy parisien. À mon arrivée : classe, le TNT. Mais première surprise, dès la mise en jeu, ce n’est pas Florian mais Nicolas Vaude qui se tient sur la scène. N’avais-je pas donc pas lu le programme ? La pièce racontant, je m’en souviens, les déboires d’un petit garçon en fugue, elle est agréable, le jeu de l’acteur aidant, sans en être passionnante. Coup de sifflet final, M. Zeller, vient recueillir deux minutes d’applaudissements contre le gîte et le couvert. Vacances tranquille dans le sud-ouest, me suis-je dis. En coulisse, nous tentons tout de même une approche de l’auteur, dans le vent. Juste le temps de remarquer que sa crinière blonde fait la même taille que ses jambes. Gratuitement, je sais, ma vision du beau gosse s’estompe derrière la banderole Lagardère qui sponsorise l’événement.

Faut-il que je continue sur le troisième essai ? Oxmo Puccino qui lit Yambo Ouologuem au cloître des Jacobins (j’avoue, pour la mémoire, heureusement qu’il y a Google). Le livre sonne l’Afrique. La lecture est timbrée mais parfois difficile. Comble pour un rappeur, quelques problèmes d’élocution. Mon esprit s’évade. Un homme dessine l’artiste comme dans un tribunal. Je décroche, je raccroche et ainsi de suite. Au bout de 1h30, j’ai eu le temps, dans ma petite tête, de faire la liste des courses, de penser aux cadeaux d’anniversaire… Et si finalement, ce n’était pas si mal ?

Alors voilà, je ne peux toujours pas m’empêcher de dire que la culture et la lecture, c’est encore mon dada. Cette année, je rebelote. Au voyage de Kerouac, je choisis finalement la célébrité. Comme à chaque fois. Mathias Malzieu est à l’auditorium Saint Pierre des Cuisines. Je découvre le lieu. Le chanteur aussi. Mini-pouce est vif, engagé, rock-n-roll et pousse la salle dans ses derniers retranchements. Standing ovation, cri orgasmique, applaudissements…Le show est là. Sa lecture est surréaliste, sa musique poétique. Un bon moment. Mais pas même une heure de spectacle. Pour 10 euros la partie c’est un sacré bémol. Même avec le chanteur de Dionysos, l’événement à du mal à décoller son image élitiste, qui pour beaucoup, est une réalité.

La prochaine fois, je vais voir Mamie Jeanette, avec Lire et faire lire, c’est gratuit