Baroque. Classique. Musical. Théâtral. Actuel. Contemporain. Cette année, le Festival du CDC puise dans les origines de la danse, en se nourrissant tout autant de ce qui la compose que de ce qui la métamorphose. Il nous promet une ouverture à des nouveaux styles et s’installe au delà de la ville… du 20 janvier au 7 février.

«  A Toulouse, la danse est partout puisqu’elle n’est nulle part ». En guise de prologue à la présentation de son festival, Annie Bozzini, directrice du Centre de Développement Chorégraphique jette un pavé dans la mare. Après l’abandon par la municipalité du projet de Cité de la danse à l’hôpital La Grave, les disciplines contemporaines cherchent encore un lieu où s’installer, construire et rayonner. Quand bien même, cette année encore, le festival du CDC a trouvé les moyens d’exister. Et il y a de quoi tenir malgré ce climat en demi-pointe : le lieu fête ses vingt ans en 2015. Alors, il cherche de nouvelles alternatives et fait inexorablement bouger les corps pour faire tourner les têtes. Et peut-être l’inverse.

C’est finalement en renouvereversible-389laurent.f.photography-52lant et nouant des partenariats sincères, en toquant aux portes des lieux culturels solidaires et en s’immisçant sur d’autres scènes toulousaines que l’évènement prend de nouveau son envol… Pour effectuer cette fois une échappée en arrière. Il part explorer les archives de la création. Jette un œil agile dans le rétro. Opère un retour sur l’histoire de la danse. Décrypte l’origine du mouvement. Depuis toujours dédié à l’actuel et au contemporain, il révise cette fois ses classiques, quitte à en paraître plus académique, moins subversif. Un choix sage. Peut-être pour mieux rebondir demain.

Au TNT, à la Halle au Grains, à la Fabrique, aux Abattoirs, A l’escale, à l’auditorium Saint Pierre des Cuisines, dans les Universités Toulousaines mais aussi dans son studio de l’avenue Etienne Billières : pendant trois semaines, le CDC s’exporte aux quatre coins de la métropole pour rencontrer les publics toulousains mais surtout celui de la danse, fidèle, qui le suit là où il se faufile : « Nous dépendons beaucoup des programmations de ces différents lieux », explique Barbara Jeanneau, à la communication du CDC, « C’est parfois difficile. Nous devons nous insérer artistiquement dans les saisons. Si nous avions un endroit dédié à la danse, nous pourrions nous exprimer pleinement sans pour autant abandonner le travail de collaboration avec les différents partenaires. » On en revient là encore.

Et pour ce festival ? Le CDC a donc remué son réseau de chorégraphes, programmé les fidèles, rappelé ses anciens élèves, ceux qui ont aboutis à des créations singulières. Aux spectacles très visuels et ambitieux se succèdent des performances plus confidentielles. Mais l’important pour le CDC, c’est que ceux qui font la danse soient inspirés : du monde qui les entoure, de leurs racines, de leur culture ou de l’actualité. Qu’ils fassent que les instants chorégraphiques se suivent mais ne se ressemblent pas. Qu’ils émeuvent. Qu’ils marquent le spectateur du sceaux de l’unicité. Là où le Centre de Développement Chorégraphique pourra témoigner de son expertise. De sa capacité à faire vivre la danse en dehors de ses murs, à toucher un public à la fois large et initié, et à faire aboutir un projet ambitieux qui lui donnera assise et peut-être cité…

> www.cdctoulouse.com 


 Balais de Lorraine, Paris New York Paris.

RELACHE7©LaurentPhilippe copieVoyage avec escale. Un musicien Erik Satie, un cinéaste René Clair et un chorégraphe Jean Börlin animent les corps à la levée de rideau avec Relâche, un happening précurseur jonglant entre cabaret, music-hall, danse contemporaine et cinéma surréaliste. Il sera suivi de Corps de Ballet, où Noé Soulier déconstruit les conventions du classique pour offrir un spectacle absurde et poétique. Dernière escale de ce Paris News York Paris, Soundance, donne à voir 18 minutes de chaos organisé par Merce Cunningham où dix danseurs font vibrer chaque mouvement pour une performance explosive. Une soirée entre rupture historique et décalage contemporain qui promet d’être l’une des plus belles du festival.

Samedi 24 janvier à 21h à la Halle aux Grains


> Arkadi Zaides, Archive

OLYMPUS DIGITAL CAMERADanseur. Penseur. Traducteur. Acteur. Dans son spectacle Arkadi Zaides pose la question de la position face aux images : de façon tout à fait littérale. Le danseur Israélien offre un écho chorégraphique aux séquences filmées par des volontaires palestiniens résidant en Cisjordanie et montrant les répercussions de l’occupation des territoires. Mêlant la danse et le documentaire, mélangeant les expressions visuelles, Archive forge notre propre regard sur le corps de l’histoire et invite à la réflexion. Il montre une danse contemporaine plus qu’inspirée mais véritablement au cœur de son environnement, de son histoire et questionnant sur la nature même d’un conflit, d’un peuple et d’un territoire. Une plongée émouvante et mouvementée dans l’actualité.

Vendredi 6 février à 19h au studio CDC.


> François Chaignaud et Cecilia Bengolea, Dub Love

DUB LOVE (F.Chaignaud, Cecilia Bengolea) 2013Danse de clubs. Danse de pointe. Trois danseurs, collants couleur chair, hissés sur pointes, tenue académique se confrontent aux sonorités jamaïcaines modernes d’un DJ Hight Elements qui fait rugir les enceintes. L’exercice est périlleux mais exécuté. Il fait irrésistiblement le lien entre danse classique et musique contemporaine. Entre le justaucorps et le Sound System. Entre les mouvements harmonieux et les gestes saccadés. Entre les ombres et la lumière. Entre le temps et l’espace. Un ballet sans tutu ou les deux chorégraphes viennent lover le Dub à la danse, et lui offrir un nouvel espace de liberté.

Mardi 27 janvier à 20h à Saint Pierre des Cuisines