C’est le lieu qui a le vent en poupe. Qui fait du bien au teint des toulousains. Qui console les esprits légers, libres et engagés. Qui sort Arnaud Bernard de son placard. Depuis trois ans maintenant, « Chez ta Mère » nous berce de douces mélodies, de jolis mots, et son équipe est loin d’être endormie. Bien au contraire, elle est en route pour une troisième saison, pleine de promesses.

Trois ans maintenant qu’Olivier Chatellier et sa bande se sont installés rue des 3 Piliers, quartier Arnaud Bernard, dans le tout premier local qu’ils ont eu l’occasion de visiter. « Même si l’on en a vu d’autres, c’était ici que l’on se sentait chez nous » explique le directeur et programmateur de Chez Ta Mère. Avec un noyau dur de cinq personnes autour desquelles a gravité une palanqué de bénévoles, Olivier & Compagnie ont besogné jour et nuit, pendant deux mois, pour faire de Chez Ta Mère un petit lieu sympathique, cosy et atypique. Dès l’ouverture, en 2012, c’est un succès. « Grâce au nom qui facilite le bouche-à-oreille, la programmation et la formule associative que nous avons choisi. »

Car oui, Chez Ta Mère est un café associatif. Chaque année, on y adhère à prix libre. C’est obligatoire si l’on veut consommer au bar. Ensuite, on se rassure, le prix du verre est raisonnable, sans faire trop non plus de concurrence déloyale. Ici, on mise sur le local et la qualité des produits servis. Et puis surtout, se rafraîchir le gosier n’est pas tout à fait la priorité. Et si la marque de fabrique est toujours au « mieux consommer », on vient Chez ta Mère pour ouvrir les écoutilles, faire des découvertes et prendre du spectacle plein les mirettes. Depuis trois années, si le lieu évolue, son atmosphère décontractée, elle, n’a pas changé. Tout comme la confiance du public, et sa fidélité. Pourtant, à l’aube de cette nouvelle saison, Olivier à bien des choses à annoncer.

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« Notre boulot, c’est être défricheur de très jeunes talents »

« Petit à petit et pour cette rentrée, je crois que nous touchons enfin du doigt ce pourquoi nous voulions exister. » commence-t-il, plutôt fier de voir son lieu s’affirmer pleinement en tant que scène « Chansons » aux forts accents d’éducation populaire. « On est maintenant bien identifié dans le paysage toulousain et l’an dernier, 80% de notre programmation était déjà axée sur la Chanson. Aujourd’hui, on vient nous démarcher pour être programmé. Et encore et toujours, nous allons voir des spectacles en festival, en salles, afin de programmer ce qu’on aime. Notre boulot, c’est être défricheurs de très jeunes talents. » Mais encore faut-il s’attacher à définir ce qu’est la Chanson. « Nous donnons la priorité aux textes, ceux qui nous touchent et qui font sens. » En tout cas, tous ce qu’ils programment, c’est sûr, ils l’ont vu avant.

« Nous voulons démocratiser la culture, et proposer une programmation intelligente, réfléchie, soignée, mais qui reste accessible. » explique encore Olivier. Alors, une bonne partie des spectacles sont à prix libres, les autres, entre 5 et 8 euros. Et pour les plus fauchés, 5 places sont disponibles sur demande et chaque soir à 1,50€. Chez ta Mère se veut lieu politique, sans forcément être partisan. Qui sait aussi se remettre en question. Les quatre membres de l’équipe sont salariés de la structure, et malgré un juste équilibre financier, cela leur permet de se professionnaliser et d’installer leur crédibilité aux yeux du public et des artistes. Ces derniers, quant à eux, se rémunèrent par la totalité de la billetterie, et très souvent, ont un minimum garanti. Et s’il n’en bénéficie pas encore, Olivier compte aussi sur le soutien public pour pouvoir encore et toujours faire grandir le lieu. « Parce qu’on crée un projet au fur et à mesure qu’on le porte » comme il le confie.

Alors, même si les rendez-vous d’improvisation, les débats et les conférences gesticulées resteront d’actualité, pour cette rentrée, on l’aura donc compris, la programmation fera la part belle à la Chanson. D’abord, parce que Chez Ta Mère se lance dans l’accompagnement d’artistes. Cette saison, ce sont Corentin Grellier et Marin Trio qui en bénéficieront. Ensuite, parce que de nouveaux rendez-vous s’installent. Bien sûr, on retrouvera les Fils de Ta Mère, avec Manu Galure, Chouf et Florent Gourault qui continueront, tous les deux mois, à offrir au public leurs trois soirs de spectacles drôles et intimistes autour d’un artiste ou d’une thématique. Mais aussi, chaque premier mercredi du mois sera dédié aux goguettes, et sur de grands classiques, ce sont des paroles d’actualités, décalées et engagées que l’on viendra fredonner. Le grande Première est pour le 17 septembre. Cette année, également, la programmation s’exporte avec le Bijou de ta Mère qui programmera les coups de cœur de l’équipe. Enfin, on appréciera le 11 novembre, un duo d’interprétation de chansons oubliées de la guerre 14 18 mis en musique par Coko, le guitariste des Croquants, en décembre, Nicolas Jules et ses chansons minimalistes et percutantes et pour septembre, le rendez-vous est pris avec les filles de Möng, leur violon, leur accordéon et leur musique du monde chantée dans une langue inventée. Petite perle également, « Mon Brassens » du groupe Sale Petit Bonhomme, sera le premier d’une longue série de spectacles accessibles en langue des signes. Il va s’en dire, les artistes de Chez Ta Mère auront encore une fois, et de mille manières, beaucoup de choses à raconter.

> Chez Ta Mère. Rue des trois piliers, 31000 Toulouse. Tel. 09 54 79 56 31. cheztamere.org