Il est incontestablement l’artiste de l’année 2013, pour ne pas dire la découverte. Non. Parce qu’il y a bien plus longtemps que je les piste, Yoann Lemoine et sa musique. Depuis son EP en 2011. Depuis ce fameux vol Toulouse-Paris avec Air-France. Là où l’histoire a commencé.

N’avez-vous jamais fait attention à la musique à bord des avions ? Au décollage et à l’atterrissage, Air-France offre à ses voyageurs une sélection musicale basée sur les découvertes, assez pointues et plutôt de qualité. Un jour de pluie, à peine arrivé à Orly, le titre Brooklyn parvient à mes oreilles, avec cette voix grave et ce mélange de force et de douceur. Je prends le temps d’ouvrir le magazine de la compagnie pour trouver le nom de celui qui est aux commandes. Woodkid. Pour la première fois je découvrais sa musique et lisais son nom.

De retour à Toulouse, j’ai mis dans mon MP3 tout ce qu’il y avait à prendre : Baltimore’s Fireflies et Westland avec encore plus d’empressement qu’Iron ou Run Boy Run. Woodkid est vite devenu ma bande originale, pendant des mois. En métro, à pied, même en vélo et jusqu’en Indonésie, en cinq morceaux il était avec moi, partageant de jolis moments, les transformant en souvenirs.

Woodkid2Cinq morceaux, en attentant le 18 mars 2013, et le premier album de l’artiste. Un album que j’achète le même jour avec une petite expression aussi solennelle qu’à la première écoute. Mais je savais déjà qu’il serait grand. Quand bien même, Woodkid n’a ajouté à son album que deux des morceaux de son ancien EP. Mais pas de ceux qui m’ont fait totalement chaviré. Comme l’artiste l’explique, l’album est un projet qui ne fait sens que dans sa globalité. Il raconte une histoire, celle du passage à l’âge adulte, du bois au marbre. De ce qui se sculpte à ce qui se grave. Bien loin de l’âge de raison. Peut-être est-ce la nostalgie de la génération 1983. En même temps que son « Age d’Or », Woodkid a eu trente ans.

The Golden Age est une réussite artistique et commerciale, emmené par le tire I Love You, il est symphonique et romantique : grandiose, résumerons-nous. Il s’accompagne d’un ouvrage et de croquis qui laissent entrevoir un artiste à l’univers très particulier. Les clips qui accompagnent les morceaux sont du même registre. Noirs et Blancs. Intenses. Woodkid veut montrer son absolu artistique, et qu’à la caméra, il est tout aussi doué. Sans surprise pour un réalisateur d’origine.

Surfant sur ce succès qui fait des émules aux quatre coins du globe, Woodkid s’offre une tournée tout aussi impressionnante. Berlin, Moscou, Los Angeles, Paris, Rome, avec orchestre symphonique ou grosses percutions. Au Week-end des Curiosités à Toulouse, il fait l’été dernier un concert mêlant le show à l’intime. Le public toulousain aura le plaisir de le retrouver en ce début d’année au Zénith. Et fidèle à moi-même, je serai là à l’attendre, logée au premier rang.

> Woodkid, le 13 février au Zénith de Toulouse. 11 Avenue Raymond Badiou, 31300 Toulouse.