Fête du vrai travail, Manifestation de droite, les mouvements protestataires pro-capitalistes commencent à prendre de l’ampleur dans la Ville rose. Virage à Droite en est encore un témoignage virulent. Le spectacle, qui sera joué du 24 au 28 mai au Théâtre du Grand Rond, défend les vraies valeurs de la France : Patriotisme, Conservatisme, Argent et Individualisme. Le tout devant un public enthousiaste, reprenant en cœur de grands standards de la chanson de droite. En route mauvaise troupe !

«  L’idée de ce spectacle nous est parvenue après la soirée pour la Fête du vrai travail, organisée en hommage à Nicolas Sarkozy, dans le café culturel Chez Ta Mère, le 1er mai 2012 », explique Nicolas Bacchus, alias Nicolas Sarcchus, l’un des piliers du collectif Virage à droite. « Ce soir là, il y avait une quinzaine de chanteurs convaincus, venus chanter des standards de la chanson réactionnaire. Nous avons rebondi sur cette soirée mémorable, resserré l’équipe et monté un spectacle entier autour de cette thématique», continue-t-il.

Et c’est une véritable réussite. On retrouve sur scène une compagnie sincère et engagée, prenant le contre-pied des spectacles à caractères gauchistes que nous avons l’habitude de voir programmés dans les théâtres de quartier. Et pour peser sur le contenu, Nicolas Sarcchus s’accompagne du Golden Boy Lucas Stoipovcon, de la très distinguée Stéphanie de Morano et du viril Manu Galadur. A eux quatre, ils tournent aujourd’hui dans toute la France, prêchant la bonne parole auprès d’un public souvent averti et acquis à leur cause. En n’ayant aucun doute en leur capacité à convaincre les autres. Aucun doute ? On exagère : « La caricature est telle que le public ne se trompe pas ». Du second degré alors ? Voilà : «  On prend un malin plaisir à incarner des personnages que l’on déteste. A personnifier le mépris que l’on reçoit, comme une sorte d’exutoire », explique Lucas.

Des artistes pas tout à fait engagés comme on le croirait qui en reprennent d’autres bien salés. Michel Sardou, Florent Pagny, Doc Gyneco : la sélection des titres est digne d’un hommage à ces virtuoses. La troupe s’est même offerte le luxe d’une résidence d’artiste à Paris pour être certaine de n’avoir que les dents qui rayent les parquets. Devant Virage à droite, le tout-venant ne pourra s’empêcher de siffloter gaiement, de tapoter sa petite main sur le genou voir d’esquisser un mouvement de tête. Certes discret, mais sincère. Il finira alors le spectacle, dans un instant d’allégresse et de communion avec ses pairs, reprenant en cœur, les plus beaux morceaux de Mireille Mathieu, avant d’aller mouiller la chemise pour remporter le précieux Sardou d’or. Virage à droite déchaine les foules. Catholique ou non, le spectacle est en tout cas, jouissif et tordant.

> Virage à droite, Du 24 au 28 mai au Théâtre du Grand Rond. www.grand-rond.org