Improbable gagnant d’une émission de téléréalité musicale, Soan a su jongler entre provocations faciles et démonstrations écorchées. Aujourd’hui, loin des spots light qui l’ont vu passer du métro parigot aux unes des journaux, il poursuit son bonhomme de chemin avec un deuxième album, Sous les yeux de Sophie, qu’il vient défendre demain soir (mardi) à la Dynamo. Cet opus, rock et mélancolique aux textes réalistes et soignés succombe un peu aux influences de Noir Désir ou des Têtes Raides (avec qui il partage le titre d’entrée). À l’écoute, Soan suscite assez vite l’intérêt de celui qui aime se laisser surprendre.

Mais la raison réelle pour laquelle, moi, demain soir, je vais me laisser tenter, tient bien plus de l’anecdote personnelle que de la critique intellectuelle. La vraie histoire, elle est là, entre nostalgie et délire post pubère. En fait, il était une fois où j’habitais une coloc un peu fofolle. Tous les jeudis (enfin pas tous quand même), nous nous retrouvions avec un bon repas devant l’ex-émission fétiche de M6. Le but du jeu : se voir attribuer arbitrairement un candidat. Bref, chacun son poulain, désignés parmi les pires du casting (sinon ce n’était pas rigolo). On leur avait refilé des surnoms pas gentils (mais très rigolos). Et chacun devait donner de sa personne pour soutenir le candidat qui lui était attribué… Jusqu’au départ inéluctable de chacun de nos quatre personnages…et la victoire du mien, Soan, devant nos mines un peu perplexe (quoi que la mienne était ravie).

Alors voilà, comme rarement dans ma vie, ce jour là, j’ai gagné un truc. Ouais. Rien de tangible : ni récompense, ni même un bon dessert prévu pour ma victoire, ni même une Ola. Mais quand même, munie de ma morale sans faille, je me dis qu’aujourd’hui, je ne peux pas laisser tomber celui que j’ai soutenu corps et âme il y a 3 ans déjà. Jusqu’à en perdre mon amour-propre (et aujourd’hui encore) Bon, ok, je peine à croire mon histoire tout à fait passionnante. Et puis Soan n’est quand même pas un auteur-compositeur-interprête dénué de prestance. C’est même peut-être tout le contraire. Mais je me dis que peut-être, dans le public ce soir-là, il y aura des gens comme moi. Des gens dont la curiosité les pousse à ne pas laisser tomber ce qui jadis ont participé à entretenir l’animation et la convivialité d’une soirée. Sous les yeux de Sophie, mais aussi de Charlotte, Fabien et Aurélien…Soan à la Dynamo, on verra bien.

 
> Soan, Mardi 15 mai à la Dynamo, 6 rue Amélie à Toulouse, Infos, www.soan-officiel.fr