Mardi soir, sans carnet ni même un ami pour m’accompagner, je pousse les portes de chez Rosa, le nouveau bar à tapas qui ne désemplit, rue Pharaon. Objectifs : goûter la cuisine du jeune chef venu tout droit de Barcelone, goûter quelques vins et me faire au moins un copain. Attention : challenge !

Rosa 2Il est 19h30 tout pile quand je pousse les portes de chez Rosa. Je suis très à l’heure. Je me tiens devant la porte mais Rosa est dehors. Elle prend la pause. Je compose et doit assumer mon air emprunté, venue bien esseulée goûter les recettes barcelonaise de ce nouveau bar à Tapas du quartier des Carmes. Qu’importe, j’en profite pour prendre quelques photos et attraper un verre de rouge. Prétendre être occupée. Je me dis que c’est ça le secret pour sauver les apparences.

Je commence donc par photographier les lieux au design épuré mais chaleureux. A l’entrée : le comptoir, prolongé par la cuisine, petite, étroite mais bien équipée. Elle est complètement ouverte, laissant la liberté d’observer chaque mouvement de ce chef barcelonais qui semble en pleine montée d’adrénaline. Il y a du monde au resto et l’on est maintenant en plein service. Les toulousains se sont installés. Chez Rosa est en forme de couloir et au fond, quelques tables rapprochées permettent aux gourmands d’avoir une alternative plus confortable au comptoir et de s’assoir.

La déco, a, elle, un penchant plutôt minimaliste et industriel avec d’imposants luminaires, des tables en bois et des tonalités oscillants entre le noir, le gris et le beige. Des matériaux bruts, bien mis en valeur. Le cadre est somme toute convivial, imaginé par Cecilia Febrer, et dans lequel, munie de mon téléphone et de mon verre, je retrouve un peu de contenance. Et puis je ne suis pas seule, dans ce bar, à être venue sans « Partner in crime ».Rosa 1 Un œil à droite, la conversation s’engage alors qu’arrivent les premiers Tapas. L’heure est maintenant aux patatas bravas. Découpées en petits carrés, elles ont l’air bien au régime, par rapport à celles que j’ai l’habitude de manger. « C’est ce qui se fait aujourd’hui à Barcelone », me répond-on « une cuisine traditionnelle, mais plus raffinée ». Soit. A 4€ la portion, on peut quand même se poser la question. Mais à la dégustation, elles sont délicieuses et fondantes, plongées dans l’une des deux excellentes sauces servies en accompagnement (tomate et aïoli léger). Les croquetas de Roquefort (5€) et les fines tempuras de calamares (8€) finissent de balayer les doutes. La justesse est ici au service du goût.

Rosa sélectionne ses produits directement chez des producteurs ibériques et les vins qui sont servis pour accompagner les tapas (si ce n’est pas l’inverse) sont issus des terroirs français et espagnols. Ils sont avec ou sans bulles, servis au verre (à partir de 3,50€ le Macabeo, Vinas de Miedes) ou en bouteille (19€ le Vain de Rû, Gascogne), rouges, rosés ou blancs. Grâce à eux, la soirée file et les conversations s’animent. L’accent de Rosa y contribue, et pas qu’un peu ! Il est 22h quand je quitte les lieux, satisfaite des mes rencontres et de mes découvertes. Sur le retour, je décide de m’en griller une sur mon vélouse et je me dis que le pari est réussi. Et ce n’est pas si souvent. Chez Rosa, a donc relevé très honnêtement le défi de la convivialité et des saveurs… et d’offrir à Toulouse, son petit bout de Barcelone.

> 48 rue Pharaon, 31000 Toulouse. Ouvert du mardi au samedi de 19h à 1H30. Tel. 0561550512