Du 11 au 18 mars, Cinélatino récidive en plaine toulousaine. Ragaillardi par la fraîche reconnaissance mondiale d’un cinéma Latino Américain qu’il défend depuis 28 ans. Il a même avancé son rendez-vous de quelques semaines. L’excuse de Pâques s’est faite. Mais pour nous, croquer les pellicules de Cinélatino, ce n’est jamais assez tôt.

Au programme. Cent cinquante films. Une cinquantaine de salles partenaires en région. Une sélection de compet’, que cela soit en fiction ou documentaire. Des courts métrages aventureux. Des jurys ambitieux. Bref, la formule reste la même. Seul les films et les invités changent. Est-ce grave, docteur? Non. Cinélatino a tout de même réussi l’an passé à surmonter la baisse des subventions sans perdre son âme. « Il faut donc remercier le public toulousain et les professionnels sud-américains pour leur enthousiasme », explique Francis Saint-Dizier, président de l’Association des Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse (Arcalt). Pour leur fidélité, aussi, visiblement.

Qu’est ce qu’on va voir ? Des fictions, et notamment des premiers films avec une grande diversité territoriale. On voyage aux quatre coins de l’Amérique Latine. On fait un stop en Equateur avec Alba, de Ana Cristina Barrangán et le portrait intime et délicat d’une préadolescente. On fait escale au Chili, avec Aqui no ha pasado nada d’Alejandro Fernández pour une réflexion sur une justice à deux vitesses. On se pointe aussi en Colombie, avec Siembra d’Ángela Osorio Rojas et Santiago Lozano Álvarez pour dénoncer les souffrances des déracinés du Sud Ouest du pays. On ira aussi voir des documentaires et des court-métrages qui font, cette année, un petit hommage aux Caraïbes avec notamment Polski, de Rubén Rojas Cuauhtémoc qui vient de Cuba.

Grande figures. Cette année la section « Focus » du festival met en avant les grands personnages et les histoires exceptionnelles. Et l’Amérique Latine regorge de grandes figures qui ont marquées les siècles et dont les documentaires, les récits ou les biopics sont des petits bijoux cinématographiques. Emiliano Zapata, Frida Khalo, Gabriel Garcia Marquez, Eva Perón, Diego Maradona… Ces noms vous disent quelque chose ? Evidemment ! Sportifs, artistes, hommes politiques, écrivains, historiens… Ils sont tous là : au cœur des fictions et documentaires, capturés par la caméra de Wim Wenders, Walter Sales ou Emir Kusturica. Choisissez votre chouchou. Mais surtout, ne loupez pas Carnet de Voyage : la traversée initiatique d’Ernesto « Che » Guevara à moto. Vous ne vous en remettrez pas.

Et en plus ? Vous ne vous remettrez pas non plus des apéros concerts, aussi arrosés que musicaux, dans la cour de la Cinémathèque. Des rencontres avec les réalisateurs, scénaristes et acteurs latino-américains invités en nombre et souvent intenses. Des expositions, renversantes. La Fiesta Latino aura, elle, lieu le 12 mars dans la cours de l’ESAV avec le Folklore psychédélique de La Gallera social Club, le Hip-Hop vénézuélien de La maldita infamia et le Tropical bass d’El guicharo. On ne la loupe pas. Et on va donc guincher, en plus de se faire la toile. Se rencontrer. Et rendre hommage à ce continent, toujours en mouvement : l’Amérique Latine.

> Cinélatino, du 11 au 20 mars, www.cinelatino.fr