En deux ans, Emmy et Quentin sont passés de mixologues en culottes courtes à ceinture noire des alchimistes. Avec une profonde culture du produit et un dosage savant des saveurs et mélanges, ils ont fait de leur Fat Cat l’antre du cocktail toulousain. On pousse la porte.

fat-cat-cocktailA deux. A trois. A quatre. Le dimanche soir, on adore aller au Fat Cat. Le bar à cocktail, ouvert sept jours sur sept, est devenu l’une des adresses les plus sophistiquées et faussement confidentielle de la Ville rose. On y vient pour son atmosphère chaloupée, ses allures de Speak Easy et ses accords spirituels de spiritueux. Le lieu, dont le nom s’inspire d’un bar du Chicago des années cinquante, distille avec élégance les effluves de la prohibition et affiche un look délicieusement rétro. Du chic intimiste, qui ne sacrifie pas à la convivialité.

Aux commandes de cet établissement : Quentin et Emmy, deux trentenaires qui se sont rencontrés derrière le comptoir de l’Echanson, place de la Trinité. «  Avant d’arriver à Toulouse, j’ai travaillé dans des bars à cocktails, à Paris et Sydney. Quant à Quentin, c’est un véritable passionné », explique la jeune fille. Amoureux des cocktails, ils se sont donc unis pour créer le lieu où ils allaient pouvoir s’exprimer. En 2015, le Fat Cat ouvre ses portes et c’est une toute nouvelle proposition de bar qui arrive dans la Ville rose.

A la carte : des grands classiques du genre et une dizaine de créations originales. « Nous voulons mettre en avant des incontournables, comme le Old fashion anglo-saxon, mais également ouvrir le champ des possibles et de la connaissance en matière de cocktail », explique Emmy. Alors, le commando Fat Cat repense chaque saison sa carte. Leur travail de création, ils le comparent à celui des grands chefs, dans leur cuisine : dédier un culte au produit, utiliser des ingrédients de saison, pour trouver la recette qui va frapper les esprits : « Tous nos sirops et nos liqueurs sont faits maison et les fruits et légumes que nous utilisons sont frais et de saison », explique Emmy. Coté alcool, les références sont souvent françaises, de qualité, et le Fat Cat a gardé son indépendance vis-à-vis des marques.

Alors, qu’est ce qu’on sirote ? Un Voystertini (11€). De la vodka infusée aux algues japonaises versée dans des coquilles d’huitre et servi sur un plateau de glace pilée. Nature, avec une sauce à l’échalote, au citron, accompagnée d’une feuille d’huitre, chaque gorgée peut être unique. Vous vous sentez l’âme moins aventureuse ? Optez pour le Waltz of the flowers, inspiré du ballet Casse Noisette : vodka Fair, liqueur de fleur de sureau, cordial de fleurs maison, sirop de fleur d’hibiscus et noisettes fraîches concassées. Avec chacune de ses créations, le Fat Cat nous raconte une histoire. Et on y croit.

23h30. On repart du Fat Cat avec la sensation d’avoir voyagé dans le temps et l’espace. Entre le Chicago des fifties et le New York d’aujourd’hui. Pourtant, on est au Capitole. On sort le pas léger, ravie d’avoir subtilement dégusté. On pourra même s’embrasser. Demain, c’est lundi. On se dit qu’on n’aura même pas mal à la tête. Et qu’on reviendra. Le mercredi, pourquoi pas ? Continuer d’explorer la carte alors que Lorenzo fera cracher des airs jazzy à son piano. Ou le jeudi, aussi, pour un set soul, funk, hip hop de GONETHEDJ.

> Le Fat Cat, 4 Rue de Rémusat, 31000 Toulouse