Il fait un froid de canard, à Toulouse, en ce dimanche soir. Il est 18h et nous poussons les portes de Bakelite. A l’intérieur, il fait un peu moins frais mais c’est plutôt l’atmosphère conviviale et la déco originale qui nous réchauffent. On est venu pour la session mensuelle de Face B : concert et set DJ.

BakeliteBakelite ? Tu ne sais pas encore ce que c’est ? Ni salle de concert, ni théâtre, ni bar, ni café, l’ancienne Galerie de la Halle au Poisson, planquée en bas de la petite rue du même nom héberge aujourd’hui un collectif de créatifs qui offrent des prestations en communication. Autour de Benoit Sicre, qui faisait déjà vivre le lieu dédié à l’art graphique et contemporain, les joyeux lurons de Bakelite travaillent avec pas mal de structures publiques et culturelles proposant des solutions modernes, originales et professionnelles. Une fois par mois, le combo revient à ses premiers amours et ouvre ses portes au public pour une soirée dominicale musicale.

18h donc début des festivités. Les portes de Bakélite ouvrent. Nous sommes parmi les premiers, mais bien contents d’arriver en avance pour pouvoir dénicher une table et quelques tabourets où s’asseoir. Et nous sommes déjà obligés de monter au premier étage. Nous verrons donc le concert de la mezzanine, confortablement installés sur quatre petits barils. Nous avons bien remis les 5 euros à l’entrée, sans avoir pré-réservé. Nous avons reçu en échange un petit tampon « Bklt » sur le poignet. En attendant le début du concert : on a faim, on a soif et encore un peu froid à l’intérieur de cet endroit.

On se munit donc de la carte de l’association (il faut être membre pour prétendre à consommation), on descend les escaliers et on file au bar. 1 euro le jus de pamplemousse, pas beaucoup plus le demi, pour les plus courageux : le verre de punch est aussi en option. Pour ceux qui ont un petit creux, c’est 6 euros l’assiette et ce soir, c’est salade de carotte et Harira, une soupe marocaine. Pour 3 euros de plus, c’est le gâteau chocolat café que l’on glisse dans l’assiette. Nous repartons donc avec nos rations. La soupe réchauffe. Mais on a quand même gardé notre manteau.

Plus que quelques minutes avant le concert et on jette un coup d’œil à la salle. Les vinyles qui se promènent sur les murs se reflètent dans les luminaires biscornus et les boules à facetteIMG_6015s. Le design retro et vintage du lieu se marrie avec ardeur aux notes world et psychédéliques. Sans oublier quelques touches florales : pour montrer qu’avoir le cœur à l’art n’empêche pas d’avoir la main verte. On est jaloux de savoir que le reste du temps, c’est un véritable lieu de travail. L‘éclectisme de la décoration et cette sorte de funcky attitude se reflète aussi sur les choix musicaux. Le coin scène est d’ailleurs bien marqué, des tapis on été installés et les instruments sont prêts à accueillir les artistes. Ce soir, c’est Tiwisan et un set de docteur Cisco pour terminer.

La world fusion de ce collectif 100% masculin nous fait d’ailleurs remuer le popotin. Partout, les gens se sont levés. Tiwisan puise dans l’énergie qu’il nous reste un dimanche soir pour nous faire oublier que demain, on se lève tôt pour reprendre le boulot. Textes aussi animés que leur musique. Tout le monde danse en bas, tape des mains, clape du doigt. On danse aussi sur la mezzanine. Puis le DJ finit ainsi de nous achever. Il fait moins froid, tout d’un coup, quand les dernières notes se font entendre. On ne s’en est même pas rendu compte. Il est 22h et déjà celle de rentrer. Mais pour quelques heures Bakélites et ses invités nous aurons donné du baume au cœur, rempli les oreilles et l’estomac. On y retournera volontiers le prochain premier dimanche du mois : pour une soirée confidentielle, douce et heureuse pour finir le week-end. Une petite pépite d’idée que je vous ai encore déniché !

 > Bakélite, 11 Descente de la Halle aux Poissons, 31000 Toulouse (bklt.fr) – Face B tous les 1ers dimanches du mois à partir de 18H